Si vous écumez les tréfonds d’Internet depuis un moment, il est possible que vous soyez tombés, en 2014, sur Too Many Cooks, le chef-d’œuvre d’Adult Swim dans lequel le générique d’une sitcom traditionnelle s’écoule durant une dizaine de minutes jusqu’à en devenir une menace qui emprisonne, puis assassine les comédiens dont le nom apparaît à l’écran.
Pensé par le réalisateur Casper Kelly, le projet est devenu culte grâce à sa maîtrise de l’horreur méta, ses innombrables références et son unicité. C’était donc une très excitante nouvelle d’apprendre l’arrivée du tout premier long métrage du créateur, qui semble explorer le même type de concept où la parodie d’un programme télévisé (cette fois-ci, une émission pour enfants) prend une tournure horrible et meurtrière. Et ce n’est pas nous qui nous en plaindrons.
![[Critique] « Buddy »: Le meilleur ami des enfants, sauf lorsqu'ils ne sont pas sages 1 media publicwebassets MM Buddy Onesheet 7100cb8d 1b8a f111 ba61 0efdbb9167fd](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/08/media_publicwebassets_MM_Buddy_Onesheet_7100cb8d-1b8a-f111-ba61-0efdbb9167fd-311x450.jpg)
Tout le monde aime Buddy (Keegan-Michael Key). C’est que l’énorme licorne orangée se porte toujours volontaire pour aider ses amis humains, une bande de jeunes camarades demandant son aide lorsqu’ils vivent des situations problématiques. Buddy accourt à chaque fois sans hésiter, accompagnant ses judicieux conseils d’une sympathique ritournelle et de quelques traits d’esprit avant d’inviter les enfants à lui faire un énorme câlin prégénérique.Mais dans ce quotidien rose bonbon, lorsqu’un des enfants du groupe se montre réfractaire aux conseils de la mascotte, celle-ci dévoile tout à coup un autre trait, beaucoup moins ludique, et surtout pas destiné à un jeune public.
L’essai formel proposé par Casper Kelly ne fait pas de compromis ; on nous immerge rapidement dans l’univers bien spécifique d’une émission pour enfants, alliant les références à Dora, à Barney et à tout ce monde parallèle où les boîtes aux lettres peuvent parler (avant qu’on ne leur arrache la bouche) et où la moindre conversation doit être interrompue par un intermède éducatif.
![[Critique] « Buddy »: Le meilleur ami des enfants, sauf lorsqu'ils ne sont pas sages 2 Buddy FG 00464510 fa5887a5a4 efcfae5a 3690 f111 ba61 0efdbb9167fd](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/08/Buddy_FG_00464510_fa5887a5a4_efcfae5a-3690-f111-ba61-0efdbb9167fd-750x311.jpeg)
C’est ce jeu stylistique qui fait la force principale du film, lequel puise l’horreur par le travestissement d’un sentiment de nostalgie qui n’est pas sans rappeler l’univers du mascot horror, dominé par des titres tels que Five Nights at Freddy’s.
Dans Buddy, au fur et à mesure que les enfants, dirigés par la jeune Freddy (Delaney Quinn, If I Had Legs I’d Kick You), découvrent le vrai visage de leur amie licorne, les codes des émissions pour enfants seront, eux aussi, défigurés. La répétition ad nauseam des thèmes musicaux génériques de fin et d’introduction de l’émission participe aussi à un sentiment d’inconfort aussi drôle qu’effrayant.
![[Critique] « Buddy »: Le meilleur ami des enfants, sauf lorsqu'ils ne sont pas sages 3 BUDDY Courtesy of Roadside Attractions 1781f70c93 869cdb43 f37b f111 ba61 0efdbb9167fd](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/08/BUDDY_Courtesy_of_Roadside_Attractions_1781f70c93_869cdb43-f37b-f111-ba61-0efdbb9167fd-750x422.png)
Là où l’idée perd un peu ses plumes se trouve dans son rapport à la durée. Si Too Many Cooks parvenait en onze minutes à bien explorer son concept sans trop de redites (malgré une boucle audio se répétant pratiquement toutes les dix secondes), Buddy ne parvient pas à conserver son originalité et à autant captiver jusqu’à la toute fin.
Le second acte du film, sortant de la temporalité de l’émission pour enfants qui était jusque-là la trame principale, nous présente Grace (Cristin Milioti), mère de famille vivant avec la certitude que sa famille comporte un enfant supplémentaire que tout le monde aurait oublié. L’intrigue, bien qu’intéressante, s’inscrit dans un univers plus réaliste, ambiance beaucoup moins maîtrisée par le réalisateur, qui trouve sa force dans des séquences plus éclatées.
Heureusement, on retrouvera bien vite l’univers de Buddy, qu’à l’instar des jeunes enfants victimes de la mascotte, on ne peut plus quitter.
Il nous tardait de découvrir un nouveau projet de Casper Kelly, et Buddy ne déçoit pas. On reconnaît le style déjà culte d’un réalisateur extrêmement prometteur, qu’on souhaite voir poursuivre sa carrière avec toujours autant de folie et d’idées novatrices. Après tout, la télé des années 90 n’a pas fini de nous effrayer.
![[critique] « Insidious : Out of the Further » : Un souffle nouveau pour la franchise culte](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/08/teaser-trailer-insidious-out-of-the-further-218x150.jpg)
![[critique] « The End of Oak Street » : bicyclettes, nostalgie et carnivores, un cocktail explosif](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/08/Screenshot-2026-08-16-at-10.15.16-PM-218x150.png)

![[Littérature] « Ce que révèlent vos prénoms » : Votre prénom dicte-t-il votre destin?](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/ce-que-revelent-vos-prenoms-100x70.jpg)


![« Shakespeare’s Shitstorm » : édition spéciale en 4K Ultra HD [Blu-ray]](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2025/12/Shakespeare-4k-Cover_2.jpeg)
![[Critique] « Terrifier 3 » : une sanglante injure à la censure qui intronise Art au panthéon des meilleurs vilains de l’horreur](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2024/10/terrifier3.jpg)
![[Critique] Thanksgiving: un dépeçage atroce et jubilatoire pour bien digérer la dinde de l’Action de grâce](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2023/11/Thanksgiving.jpg)
![[Critique] Things Heard & Seen: des phénomènes surnaturels qui cachent un autre mystère](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2021/04/Amanda-Seyfried-in-Things-Heard-and-Seen.jpeg)
