La période des vacances tirant tranquillement à sa fin, pourquoi ne pas s’offrir un petit tour du monde avant que ne reprenne la routine? À l’image de ces endroits inusités qui ne figurent pas nécessairement sur les listes des destinations populaires, voici 10 films provenant de 10 pays dont vous n’avez peut-être jamais entendu parler, ou qui méritent qu’on en parle davantage… Suivez le guide!
Norvège : The Innocents (De uskyldige) – 2021
Au cours d’un été nordique, un groupe d’enfants se découvre des pouvoirs mystérieux. À l’abri du regard des adultes, ils s’amusent alors à explorer leurs nouvelles aptitudes. Mais ce qui commence comme un simple jeu d’enfants prend peu à peu une tournure inquiétante.
Mettre en scène des enfants se veut un pari risqué. Toutefois, The Innocents le gagne haut la main avec des performances remarquables qui offrent à la fois naïveté et maturité. L’atmosphère grisâtre et claustrophobique du complexe d’appartements confère au film son ton angoissant. Une guerre s’installe lorsque certains prennent conscience des dangers de ce jeu dangereux, tandis que d’autres choisissent l’imprudence et le chaos. Une situation qui nous garde sur le qui-vive et nous enferme dans un monde où l’innocence se perd…
Irlande : Caveat – 2020
Le propriétaire d’une maison située sur une petite île isolée propose à un homme de le payer pour veiller pendant quelques jours sur sa nièce. Celui-ci accepte malgré une étrange condition : il devra porter un harnais relié à une chaîne qui limite ses déplacements dans la maison. La tâche s’avérera toutefois beaucoup plus périlleuse que prévu.
Glauque et sinistre, Caveat est une œuvre qui se distingue par l’étrangeté de sa prémisse, certes unique en son genre, mais surtout par sa conception sonore parfaitement calculée, qui donne à chaque mouvement son lot d’effroi et ponctue habilement chaque silence d’une angoisse poignante. Avec une intrigue bien tissée qui ne laisse rien deviner jusqu’à sa toute fin, le film est le parfait huis clos claustrophobique qui nous laisse à peine respirer avant que le rideau ne tombe.
France : Sorgoi Prakov – 2013
Un journaliste amateur arrive à Paris pour réaliser un documentaire sur le « rêve européen ». Une succession de mauvaises décisions et de coups du sort fait rapidement dérailler son projet initial, l’entraînant dans une spirale de plus en plus inquiétante qui le mènera à une véritable descente aux enfers.
D’un réalisme frappant, ce film de style found footage nous place au cœur de la situation. Aux côtés du personnage principal, on navigue tranquillement, mais sûrement, vers un désespoir dont le point de non-retour semble inévitable. D’abord empathiques à sa cause, nous sommes bientôt contraints de le voir commettre des actes sordides pour se venger de ce qu’il considère comme son triste sort.
Mise en garde : certaines scènes suggèrent des violences sexuelles.
Afrique du Sud : Good Madam – 2021
Une mère célibataire est forcée d’emménager chez sa mère, une employée de maison qui veille avec une dévotion obsessionnelle sur sa « Madame blanche », plongée dans un état catatonique. Sur place, elle découvre peu à peu les sombres dessous de cet emploi qui dure depuis des décennies et les secrets qui se cachent derrière les soins prodigués par sa mère.
Plus sobre dans son approche que certains autres films de cette liste, Good Madam n’en demeure pas moins une œuvre au ton anxiogène qui nous incite à observer les personnages pour comprendre leurs motivations et découvrir peu à peu leurs intentions. Avec comme toile de fond l’époque post-apartheid, alors que les clivages raciaux et sociaux demeurent profondément ancrés, le film aborde les blessures du passé, ainsi que les rites et les traditions qui façonnent celles et ceux qui tentent de préserver leur héritage.
Philippines : Mallari – 2023
Un médecin se plonge dans l’histoire occulte de sa famille à la recherche d’un moyen d’empêcher la mort de sa fiancée. Ses investigations l’amènent à découvrir de sombres secrets liés à une série de meurtres sordides perpétrés au XIXe siècle.
Récipiendaire de sept prix lors des Filipino Academy of Movie Arts and Sciences Awards, dont celui du meilleur film, Mallari propose une histoire sombre et intrigante où les secrets du passé viennent heurter le présent. À travers une imagerie réussie, notre protagoniste navigue entre le monde des vivants et celui des morts qui ne trouvent pas le repos. Malgré une durée qui se fait parfois sentir, le film maintient son récit à l’avant-plan plutôt que de miser sur une horreur tape-à-l’œil. Il mélange habilement thriller et horreur, tout en puisant dans les croyances et les contes propres aux traditions philippines.
Indonésie : Impetigore (Perempuan Tanah Jahanam) – 2019
Une agente de péage se rend dans le village de ses ancêtres dans l’espoir de récupérer l’héritage qui lui revient : une maison laissée à l’abandon. Dès son arrivée, elle comprend toutefois que les habitants veulent lui faire payer les actes de ses ancêtres.
Impetigore tisse une intrigue autour du thème de la vengeance et des rites maléfiques, dans une magnifique photographie qui fait brillamment le pont entre les nouvelles générations et les démons du passé. À travers des thèmes audacieux, notamment ceux de la gestation et de la naissance, le film nous plonge dans le destin d’une femme qui doit payer pour un passé dont les détails lui sont révélés peu à peu. Misant davantage sur le récit que sur les sursauts ou les scènes effroyables, Impetigore réussit à nous intriguer tout en nous maintenant dans l’incertitude à chaque tournant.
Japon : Best Wishes to All – 2023
La visite d’une jeune femme chez ses grands-parents l’amène à découvrir ce qui leur procure tant de bonheur, une révélation qui la poussera à remettre en question ses choix et sa propre réalité.
Best Wishes to All brise le moule avec une histoire à la fois loufoque et horrifique. Une merveilleuse aventure troublante au sein d’une famille qui cache un secret bouleversant la réalité. Dans une candeur désarmante, les personnages nous forcent à nous questionner sur la nature humaine et sur les avenues que nous sommes prêts à emprunter pour préserver, voire agrémenter, notre existence. Porté par une distribution brillamment investie, le film se démarque aisément du lot innombrable de films d’horreur japonais.
Mexique : Huesera: The Bone Woman – 2023
Une jeune femme apprend qu’elle est enfin enceinte après plusieurs tentatives infructueuses. Ce qui était au départ une heureuse nouvelle se transforme peu à peu en un tourbillon d’anxiété et de cauchemars éveillés, alors que d’horribles hallucinations commencent à la hanter.
Une histoire aux allures bien familières se transforme en un cauchemar sans issue dans ce film intense qui porte très bien son nom. Huesera: The Bone Woman est élevé à un tout autre niveau grâce à une conception sonore de haute voltige qui nous remplit les oreilles de craquements et de distorsions osseuses, à mesure que le corps de notre protagoniste se transforme sous la croissance de l’être qui prend place en elle. Perçu également comme une métaphore de l’angoisse que peut soulever la maternité, le film puise aussi sa force dans le jeu exceptionnel de sa jeune actrice principale, qui campe avec brio la confusion qui l’envahit et l’instinct de survie qui la pousse à chercher des réponses à ses questions.
Argentine : Terrified (Aterrados) – 2017
Lorsque d’étranges phénomènes surviennent dans un quartier de Buenos Aires, des enquêteurs du paranormal et un ancien policier entreprennent de découvrir ce qui se cache derrière ces événements terrifiants.
Dès les premières scènes, Terrified nous fait savoir à quoi nous en tenir et ne démord pas de cette intention. En mêlant intrigue policière et surnaturel à travers une alternance entre des scènes à en mettre plein la vue et des moments qui requièrent de retenir notre souffle, le film puise sa force dans son rythme qui fait fi des longs dévoilements en nous entraînant dans un labyrinthe où chaque détour peut réserver son lot de rebondissements.
Chili : The Wolf House (La Casa Lobo) – 2018
Une jeune femme trouve refuge dans le sud du Chili pour échapper aux membres d’une secte religieuse allemande. Elle est accueillie par deux cochons, les seuls habitants d’une étrange petite maison dont les quatre murs peinent à la protéger de la menace extérieure.
Long métrage d’animation ayant nécessité près de six ans de production, The Wolf House nous fait entrer dans un univers étrange et inquiétant en adoptant une structure narrative qui s’apparente aux contes pour enfants. La technique artisanale, à couper le souffle, et la conception sonore, qui hausse d’un cran l’atmosphère anxiogène, offrent à cette œuvre absolument unique un ton sombre ponctué de bribes d’espoir, rendant l’expérience encore plus troublante.
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