Le festival montréalais le plus déjanté a investi une église d’Hochelaga pour sa programmation « Viandes mixtes » (Mixed Meats).
Entre éclairages mystiques, projections déviantes et confort ecclésiastique, retour sur une soirée où le sacré a définitivement laissé place au profane.
Pour sa 9em édition, le festival Cabane à Sang a opéré une mutation géographique audacieuse. En déplaçant ses projections dans une église au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve, l’organisation n’a pas seulement changé de lieu, elle a sublimé son identité. Sous une lumière dramatique mettant en valeur les voûtes et l’architecture solennelle du bâtiment, le public, installé confortablement dans de petites chaises disposées pour l’occasion, a assisté à une célébration du cinéma indépendant qui n’avait rien de catholique.
Une programmation viscérale : L’esthétique au service du malaise
La sélection « Viandes Mixtes » de ce soir a prouvé que le festival reste le bastion de l’expérimentation brute. Plusieurs œuvres ont frappé l’imaginaire par la rigueur de leur direction artistique. Scissor Sleepover (Nee Kirschman) a transformé l’esthétique innocente d’une soirée pyjama en un cauchemar stylisé, tandis que Witch (Hoku Uchiyama) a brillamment exploité l’aura mystique de la salle avec un rituel sanglant. De son côté, Meat Crayon (Richard Rotter) a joué sur une fibre psychédélique et dérangeante, explorant l’origine macabre de fournitures scolaires.
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 1 scissor sleepover poster](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/scissor-sleepover-poster-300x450.jpg)
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 2 whitch poster](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/whitch-poster-300x450.jpg)
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 3 meat crayon poster](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/meat-crayon-poster-300x450.jpg)
Analyse : L’horreur sous toutes ses coutures
La force de cette soirée résidait dans sa capacité à naviguer entre l’horreur pure, la satire sociale et l’expérimentation formelle. Voici les thématiques qui ont marqué l’écran :
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 4 starver still 2](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/starver-still-2-600x450.jpg)
Dans Starver (Parsa Zahedi), la faim devient une métaphore de la déshumanisation. Un geste altruiste y déclenche une transformation monstrueuse, rappelant que les besoins primaires peuvent briser la civilité.
Blossom Needs A Ride Home (Tim Schwagel) s’amuse avec les codes du slasher en s’intéressant à l’après-combat. Le triomphe de l’héroïne se transforme en un tracas logistique hilarant.
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 5 blossom needs a ride home still 5](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/blossom-needs-a-ride-home-still-5-750x314.jpg)
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 6 little deaths 2 still 3](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/little-deaths-2-still-3-600x450.jpg)
L’anthologie Little Deaths (Derek Bensonhaver) a captivé la salle. Ces courts-métrages de 15 secondes imposent une efficacité narrative brutale, véritable exercice de style pour le genre.
Le mystérieux Milano Murder Mystery a offert une bouffée d’air frais (et de sang) à la programmation. En suivant le détective international Gianni Cazzo dans son enquête la plus complexe, la mort d’une touriste américaine, le film s’impose comme un pastiche savoureux du Giallo italien.
Entre humour absurde et codes classiques du thriller européen, cette œuvre joue sur les stéréotypes du genre avec une ironie assez mordante, prouvant que l’horreur sait aussi se parer d’un second degré salvateur.
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 7 Milano Murder Mystery poster](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/Milano-Murder-Mystery-poster-338x450.jpg)
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 8 when life gives you a lawnmower still 3](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/when-life-gives-you-a-lawnmower-still-3-600x450.jpg)
When Life Gives You A Lawnmower (Moon Abbott) apporte une perspective queer authentique, alors que Videogore (Davar Villegas) explore l’horreur numérique via un snuff film aux révélations tragiquement familières.
Humour noir et héritages maudits
Le festival a également fait place à l’humour grinçant avec Not Today (Ayesha Sheikh), où deux drag queens en deuil font face à une silhouette menaçante sortie d’une VHS. La satire s’est poursuivie avec Arson (Erin Broussard) et son boy band prêt à tout pour la gloire, ainsi que Are You Coming To My Birthday? (Mario Hannah), une fête d’anniversaire ruinée par un tueur en série. Enfin, Home Sweet Home a offert une touche plus atmosphérique sur le deuil et les demeures malveillantes.
![[CàS] Cabane à Sang : l’orgie de cinéma de genre qui secoue Hochelaga 9 arson still 2](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/05/arson-still-2-750x313.jpg)
À ne pas manquer : La grande finale sous le signe de la Pizza
Le festival ne s’arrête pas en si bon chemin. Pour clôturer cette édition en beauté, la soirée de ce soir s’annonce déjà légendaire avec la thématique Pizza.
Le défi lancé aux cinéastes?
Créer avec une contrainte budgétaire radicale de 200 $ maximum. Ce sont 22 courts-métrages qui défileront sur l’écran, explorant ce symbole de la culture pop avec ingéniosité. Un marathon de créativité « lo-fi » qui promet de prouver, une fois de plus, que le talent n’a pas besoin de millions pour nous donner faim de cinéma.
Dernière chance ce samedi 9 mai pour vivre l’expérience au Party Pooper Spectacular: Pizza Horror.
Préparez vos estomacs.

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