L’un des ovnis de la sélection 2019 de Fantasia nous arrivait de Scandinavie cette semaine avec un nom pour le moins étrange et déjà une belle réputation: le film de Johannes Nyholm (The Giant) s’est mérité le Prix AQCC – Camera Lucida du festival, remis par l’Association québécoise des critiques de cinéma le 23 juillet dernier.
Pour ceux qui se le demandent, Koko-di Koko-da, c’est le titre d’une comptine qu’Elin et Tobias entendront à profusion lors d’un voyage de camping. Le couple retourne en effet 3 ans plus tard sur les lieux d’une tragédie, question d’exorciser la chose. Malheureusement pour eux, ils se retrouveront au beau milieu d’une boucle (une autre!) où ils vivront les tourments de trois membres d’un cirque ambulant bien mystérieux.
Koko-di Koko-da est cette nouvelle offrande créée sur mesure pour le cinéphile friand d’énigmes cinématographiques. Évidemment, le coeur de l’histoire explore des thèmes liés au couple et au deuil, mais en dévoiler davantage ruinerait l’expérience. Il faudra toutefois être tenace. Le curieux manège d’apparence incongrue se répète pendant 80 minutes avant de nous livrer la clé de l’énigme. Certains spectateurs pourraient s’en trouver exaspérés.
Entre temps, le film nous imprègne de symboles forts à déchiffrer lors de cette loop fatale, notamment au niveau des animaux (morts, vivants ou qui renaissent) et dans une atmosphère froide et austère. De magnifiques séquences brouillonnes en ombres chinoises s’invitent également à la fête sous forme de pièce de théâtre et proposent un nouveau point de vue déroutant sur le sujet au cours du récit.
Si la fable surréaliste prend tout son sens et devient incroyablement touchante et crève-coeur lors de son dénouement — merci aux acteurs Leif Edlund et Ylva Gallon pour leur interprétation sans faille — elle laisse également plusieurs questions sans réponse. Et c’est là la beauté de Koko-di Koko-da: aussitôt le générique terminé, une discussion s’impose et un deuxième tour devient alors nécessaire. Attention toutefois que cette maudite ritournelle ne vous reste en tête à jamais.
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