Dalva (Nina Medeiros, As Boas Maneiras), 9 ans, vit avec son père (Julio Machado, Divino Amor) et sa tante Cristina (Luciana Paes, As Boas Maneiras) dans un quartier défavorisé de Sao Paulo. Le jour où cette dernière quitte la maison pour emménager avec son fiancé, les conditions de vie se détériorent lentement. Son père s’engouffre peu à peu dans un mal de vivre déclenché par la mort de sa femme. Dalva, de son côté, influencée par sa tante pratiquant la sorcellerie, apprivoise petit à petit ses propres pouvoirs et tente de faire revenir sa mère d’entre les morts.
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Pour son deuxième long-métrage, The Father’s Shadow, Gabriela Amaral Almeida (Friendly Beast) propose un magnifique conte tel que perçu par les yeux d’un enfant tout en rendant un brillant hommage au cinéma d’horreur. La petite Dalva est effectivement fascinée par deux films d’épouvante classiques en lien avec ce qu’elle vit. La réalisatrice brésilienne leur fait des clins d’oeil intelligents et tout en finesse, sans avoir recours à du vulgaire copier-coller. Elle parvient également à nous offrir des images d’une grande beauté dans un environnement où le béton et la pauvreté sont omniprésents. De plus, elle maîtrise parfaitement l’art de raconter une histoire en instaurant tranquillement une ambiance glauque qui nous habite peu à peu. Plusieurs se plaindront peut-être de la lenteur du film, mais au contraire, ce rythme finit par devenir la grande force du récit. Les quelques scènes très efficaces de tension vous feront certainement frissonner, dont celle impliquant une amie de Dalva.
La réussite du film est en partie attribuable au personnage de cette jeune fille, magnifiquement interprété par Medeiros. Almeida, également scénariste, nous fait le portait d’une enfant mature avant son âge et faisant preuve d’une résilience extraordinaire. Sous ses airs tristes, elle démontre énormément de compassion envers son entourage. Ce qui est remarquable chez la réalisatrice et scénariste, c’est qu’elle n’a pas lésiné sur le développement de ses autres personnages. Par exemple, le père, interprété de manière tout aussi magistrale par Machado, est rendu avec sensibilité et respect et évite tous les clichés de l’homme en détresse.
The Father’s Shadow fera certainement partie des coups de coeur de plusieurs festivaliers. Le film s’avère touchant tout en proposant une utilisation différente des codes de l’horreur. Il ne nous reste plus qu’à remercier le festival Fantasia pour cette superbe découverte.
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