Le cinéma d’animation étranger nous rappelle souvent que ce genre ne se prédestine pas uniquement aux enfants. Il est donc toujours intéressant de scruter la sélection de Fantasia. Bliss: Beyond the Edge of Time semblait d’ailleurs particulièrement prometteur, puisqu’il s’agit d’une anthologie réunissant six studios d’animation indépendants.

Bliss poster

Le film comprend six courts métrages qui questionnent la confrontation et les interactions entre l’homme, la religion, l’identité et la technologie. Whispers in the Void met en scène une capitaine et son second androïde qui trouvent un nouveau-né dans une cargaison. Dans The Last Faith, une IA à bord d’un train se questionne sur la foi, la dévotion qu’elle impose et sa véritable signification. Avec The Ship of Theseus, on jette un regard sur la nature humaine à travers un homme amnésique et sa fille, plongée dans un état végétatif. Dans The Poacher, on tente de disséquer la protection animalière avec la résurgence d’un léopard disparu. Re-Soul se déroule dans un futur où l’on numérise les âmes, et où il faudra parcourir un réseau virtuel pour retrouver l’être aimé. Enfin, dans Paradise Lo5t, un parc d’attractions abandonné devient le lieu d’un rencard amoureux, à l’aube de la fin du monde.

L’œuvre devient certes une sorte de vitrine de l’animation taïwanaise sous tous ses angles. Ses préoccupations humanistes sont louables face à un genre souvent alimenté uniquement par des enjeux mercantiles. Évidemment, la qualité de l’animation varie selon l’histoire, mais elle demeure haut de gamme la plupart du temps.

9 1

Cela dit, le véritable défi d’un court métrage est de savoir raconter et développer ses thèmes, ainsi que son histoire, dans le temps alloué. Force est d’admettre que, dans la plupart des cas, des minutes additionnelles auraient permis de déployer ces récits surchargés de manière plus fluide. Plusieurs clichés se dégagent d’un manque d’audace dans l’écriture qui, face à des sujets aussi solennels, ploie vers certaines facilités. Malgré l’ambition des créateurs, l’exercice s’est montré un peu trop complexe pour plusieurs des cinéastes. Ce n’est cependant pas le cas de Liu Yu Shu, qui livre le meilleur segment avec The Last Faith, où la finesse scénaristique se marie merveilleusement à la souplesse et à la délicatesse de la mise en scène.

Au final, Bliss: Beyond the Edge of Time est un ovni cinématographique, souvent plus intéressant que réellement abouti, mais qui mérite amplement un visionnement.

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Pour les fans...
de fables humanistes
des récits dystophiques
3
Note Horreur Québec