Selon la tendance actuelle du chialage des chefs d’opinion publique, on pourrait croire, à s’y méprendre, que les maudits artistes sont aussi pires que des zombies affamés. Bon, à condition bien sûr de troquer les cervelets juteux par des imposants sac d’argents stampé SUBVENTION dessus. Donc, afin de protéger notre précieuse matière grise financière, le CRTC a pondu un plan qui ne se débarrasserait peut-être pas de la horde de cinéastes affamés, mais qui au moins les éloignerait.

TAXÉ LES GÉANTS DU STREAMING ÉTRANGÉ
Une taxe initiale de 5% était proposé en 2024. Un objectif clair : venir soutenir le contenu d’ici, avec une nouvelle taxe, à la compétition de l’extérieur. En 2026 le CRTC a même revu cette taxation à 15%. Pendant que notre relativement petit campement fortifié, comme dans Blood Quantum, tentait de négocier une meilleure entente, de l’autre bord de la frontière, il y a des entités avec des fortifications dignes de World War Z qui refusent tout simplement de payer. À la date de publication de ce texte, aucune somme n’a été versée.
Finalement, on s’écrase devant les géants, comme d’habitude. Le monde se réjouit en trouvant un prétexte semi-réfléchi pour justifier son opposition mal placée. Tsé, un peu comme le gars qui veut toujours que le groupe se sépare dans un slasher.
« Mais Frank, ça ferait augmenter le prix de l’abonnement! » Ou encore « Ils vont arrêter d’offrir le service ici », et même « Ils vont cesser d’acquérir du contenu d’ici. »

Le prix de l’abonnement est déjà pas mal proche de la limite de ce qu’ils peuvent augmenter. La preuve se décline en deux parties. La première étant qu’ils ont cessé de publier leurs rapports de croissance des utilisateurs, ça, ça ne présage jamais rien de bon. Deuxièmement, le fait qu’ils ont ajouté un forfait avec publicité démontre très clairement l’inaccessibilité de leurs services aux gens moins fortunés.
Comme dans Society, les pauvres n’y échappent pas!
Pour ce qui touche à la menace de cesser de desservir le territoire canadien, s’ils font ça, ça voudrait dire au revoir à 3% de leurs revenus annuels, approximativement. Je ne pense pas que ça prend un diplôme de Harvard Business School pour comprendre que de perde 3% de ton revenu annuel au lieu de payer 0.45% de celui-ci, ça n’a aucun sens. Surtout pas quand tu as 16% de tes employés au Canada.
Question d’acquisition, Les Affamés, Jusqu’au déclin, et Vampire Humaniste cherche suicidaire consentant sont de bons exemples de contenu québécois qui a très bien marché sur Netflix à l’international. Quand on tient compte que la taxe n’était pas obligatoirement percevable en gros cash money, mais aussi en licences, en productions et partenariats, on voit que ce n’est pas tant une question de juste donner de l’argent au fisc sans rien avoir en retour.
En gros, par cette intervention qui se veut de la fausse protection du consommateur, le gouvernement protège en fait cette multinationale. Non pas de notre humble village ou de nos multiples zombies-artistes en quête de financement, mais d’un précédent réglementaire et financier que cela mettrait en place. Imaginez si chaque pays en quête de sa souveraineté culturelle venait imposer aux géants du streaming de réinvestir dans les régions qu’ils desservent. NOT GOOD! Ce serait mauvais pour les affaires! Ça ne génère pas de valeur pour les actionnaires, comme le dit si bien le mème financier. Ça, ça serait la véritable horreur pour la valeur de l’action de $NFLX.

Alors en résumé, pendant que chez nous, au Québec, le ministère de la Culture propose depuis 2025 de nouvelles manières de percevoir et de réorienter de l’argent pour nous aider dans notre quête de souveraineté culturelle, on a un premier ministre du Canada qui est l’équivalent du gars dans les films qui dit à ses amis d’aller inspecter le sous-sol parce qu’il n’a pas le cran d’y aller lui-même. Arrangez-vous, avec votre propre argent de l’impôt. Voilà.
En terminant, j’aimerais prendre deux secondes pour vous rappeler que vous n’êtes pas prisonniers de Netflix. Il existe une panoplie de services alternatifs. Pour n’en nommer quelques-uns : Shudder, Mubi, Tubi, Roku, et bien évidemment, Cabane à Sang TV (fallait s’y attendre à la shameless plug, mais on est reconnu par le gouvernement fédéral, donc ça compte!).

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