On savait dès la lecture du synopsis que Let Us Through, Dear Ancestors présenté au FNC cette année, serait un périple certainement fascinant, mais assez radical. Pourtant, le cinéaste Lav Diaz avait su nous épater avec son Magellan, abordant aussi la colonisation aux Philippines, et nous avions hâte de découvrir son nouveau-né, sans nous douter de la turbulence des eaux dans lesquelles nous plongions.

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En 1617, un moine espagnol nommé Padre Enciso régente un groupe de délégués pour asservir les indigènes et construire des églises sur les îles.

Il n’est pas donné à n’importe qui de sortir indemne de cette véritable descente aux enfers.

La trame assez simple de Let Us Through, Dear Ancestors est des plus éprouvantes, et on ne tente jamais d’atténuer les excès ni la violence d’une quelconque manière. Il s’agit d’une virulente dénonciation de l’évangélisation qui expose au passage certaines mœurs des indigènes.

Cette fois-ci, aucune vedette ne figure au générique, puisque l’angle d’attaque est avant tout dirigé vers les colonisés. Composé de plans-séquences fixes, cadrés de manière serrée, dans des décors minimalistes et dans un noir et blanc des plus austères, Let Us Through, Dear Ancestors se plaît aussi à dilater le temps sous nos yeux pour nous imprégner et nous faire ressentir la douleur vécue par les personnages. Tous ces choix narratifs n’ont pour objectif que de faire violence au spectateur pour que l’étouffement du visionnement soit à son paroxysme.

La balade se devait-elle d’être aussi exigeante pour atteindre ce niveau de pertinence?

On a beau apprécier la démarche et soutenir le réquisitoire, on finit par regarder sa montre, et ces mêmes techniques qui nous ont happés en ouverture finissent par nous sembler redondantes. Durant 151 minutes, on brise, certes, nos conventions habituelles de spectateurs, mais on ressent tout de même une perte d’intérêt face à ces images statiques, si chargées de méditation soient-elles.

Dans le rôle du Padre Enciso, l’acteur Bart Guingona est glaçant et domine la distribution. Le comédien compose un méchant iconique que le spectateur n’est pas près d’oublier.

En conclusion, Let Us Through, Dear Ancestors est un film très exigeant qu’on est heureux de quitter après le visionnement. Il n’en reste pas moins un exercice percutant et inoubliable.

Let Us Through, Dear Ancestors - Clip 1
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Pour les fans...
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de film au rythme plus lent
3.5
Note Horreur Québec