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Ce mardi 6 octobre dernier, dans un Monument National plein à craquer, qu’avait lieu, en soirée, la première montréalaise du tout nouveau film de Rafaël Ouellet (Arsenault et fils, 2022) : Hantée.

Scénarisé par India Desjardins et mettant en vedette Jade Brind’Amour et Virginie Fortin.

Hantée prend l’affiche dès le 9 octobre prochain!

Alors qu'elle vient d'emménager dans un petit village du Québec, Mathilde (Jade Brind'Amour) apprend que sa nouvelle demeure serait hantée par le fantôme d'une certaine Isabeau Roy (Virginie Fortin). 

Qui est cette femme? Qu’a-t-elle fait? Pourquoi hante-t-elle la maison que les parents de l’adolescente projette de transformer en auberge?

Le village, tout comme Mathilde, cachent de terribles secrets et la jeune fille est déterminée à découvrir la vérité.

Un catalogue de références populaires

India Desjardins et Rafaël Ouellet signent un film charmant aux échos nostalgiques qui saura plaire à toute la famille. Avec son ton léger et bon enfant, Hantée rappelle l’ambiance des Contes pour tous, assurant ainsi quelques bons rires.

Spooky, sans pour autant être épeurant, le film campe dans la comédie plutôt que dans un suspense haletant. Cependant, il aurait été intéressant, voire bénéfique, d’ajouter une petite touche de frissons afin d’augmenter l’engagement du spectateur. Cela dit, le long métrage promet un moment agréable et saura satisfaire les passionnés d’horreur.

En effet, sans faire peur, Hantée crée un terrain de jeu ingénieux en reprenant les codes du genre. Les mécanismes de l’épouvante sont utilisés dans une version atténuée et adoucie, loin des sursauts et des cris de surprise. Ici, on ne réinvente pas la roue. Au contraire, on exploite de manière assumée des dynamiques déjà établies, faisant naître une certaine satisfaction chez un public aguerri en matière de frissons! Il devient agréable de découvrir et de reconnaître les inspirations et les clins d’œil parsemés ici et là dans le film. Entre les références aux classiques de films d’Halloween plus familiaux et celles appartenant au folklore québécois, Hantée se révèle être une galerie surprenante d’une certaine culture populaire.

Que ce soit par l’entremise de Coco Belliveau et Katherine Levac avec leur compagnie à la Ghostbusters, ou encore dans les ressemblances frappantes entre Mercredi Addams et Mathilde, son personnage dans le film. Un spectateur moindrement connaisseur de cet univers fantastique aura le sourire en coin du début à la fin de son visionnement.

Isabeau Roy, la nouvelle Marie-Josephte Corriveau

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Marie-Josephte Corriveau

Hantée se dévoile être une œuvre profondément ancrée dans son époque. En effet, à travers les quêtes des personnages et l’intrigue principale du film, il est impossible de ne pas déceler une critique féministe de notre société. Le parallèle entre les histoires d’Isabeau Roy et de Mathilde crée une sororité forte entre les deux femmes. Ce lien souligne une importante tendance patriarcale à diaboliser et à faire taire les femmes.

D’un côté, le personnage d’Isabeau Roy reprend de manière évidente la tristement célèbre Marie-Josephte Corriveau. Mathilde, quant à elle, incarne l’injustice qui entoure le traitement d’une femme qui réplique à son agresseur. Elles sont les voix d’une multitude de femmes que l’on a volontairement décidé d’ignorer au cours de l’Histoire… et que l’on continue malheureusement de censurer.

À leur manière, Isabeau et Mathilde sont les porte-étendards de toutes ces femmes que l’on a trop longtemps qualifiées de sorcières et qui, au profit d’une lubie masculiniste et patriarcale, y ont laissé leur liberté et leur vie. Il est non seulement rafraîchissant, mais aussi plus que pertinent d’avoir des figures comme elles dans notre cinéma. D’autant plus dans un cinéma qui s’adresse aux jeunes!

Une étonnante brochette d’acteur.ices

Hantée met en vedette une étonnante brochette d’acteur·rice·s et d’humoristes québécois·es. On y retrouve, entre autres, Virginie Fortin, Claude Legault, François Létourneau, Évelyne Brochu, Coco Belliveau et Katherine Levac. La distribution est solide et promet des interprétations colorées.

Comme à son habitude, François Létourneau
performe un sans-faute.

Toujours juste, punché et particulièrement efficace, son jeu est tout simplement jouissif. Il est surprenant de retrouver à ses côtés Évelyne Brochu qui incarne, elle aussi, d’une main de maître le rôle d’une mère dépassée, mais à l’écoute et profondément douce à travers son excentricité. En tant que spectateur, il est plus que satisfaisant d’assister à cette danse bien chorégraphiée entre Létourneau et Brochu. Leur dynamique fonctionne bien ensemble, le résultat est organique!

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Hantée semble fonctionner en duo en ce qui a trait à ses personnages. Si le duo François Létourneau et Évelyne Brochu est un franc succès, il n’en va pas autrement pour celui que forment Virginie Fortin et Jade Brind’Amour. Jouant un peu le miroir l’une de l’autre à travers leurs personnages, les deux femmes font naître une belle complicité entre celles qu’elles incarnent. Touchantes et comiques, Isabeau et Mathilde se construisent ensemble. L’une ne va pas sans l’autre. Cette dynamique est palpable à travers l’écran. Le public peut aisément ressentir le plaisir que Fortin et Brind’Amour ont eu à se donner la réplique.

Ayant déjà interprété Mercredi Addams en 2024 dans le Bye Bye, il n’est pas si étonnant de retrouver la jeune actrice de 21 ans dans le rôle de Mathilde. Jade Brind’Amour a ce visage semblable à Jenna Ortega (Wednesday) qui marque les esprits, à la fois doux, innocent et profondément mystérieux. Brind’Amour était faite pour le premier rôle d’Hantée. La jeune femme offre une dimension touchante à son personnage. Elle se prête au jeu, au grand bonheur du public! Il est à noter que Jade Brind’Amour tient ici son premier rôle au grand écran.

Virginie Fortin, quant à elle, incarne de manière habile une Isabeau Roy qui manque malheureusement un peu d’âme. Le caractère individuel du personnage se perd dans sa portée engagée et s’efface derrière l’archétype (de la sorcière et de la femme étrange, folle, ou même hystérique) qu’elle représente. Néanmoins, il est intéressant d’avoir confié le rôle d’un fantôme esseulé, d’une femme censurée, à Fortin. Le fait qu’Isabeau soit incarnée par une humoriste la rend automatiquement plus accessible pour le public, particulièrement pour un jeune public. La maîtrise de l’humour de Virginie Fortin contribue grandement à créer cette ambiance charmante flirtant avec les codes de l’horreur, tout en restant grand public et loin de l’épouvante.

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Coco Belliveau et Katherine Levac ajoutent une belle touche humoristique au film, sans toutefois être particulièrement marquantes. Elles sont comiques, mais plutôt anecdotiques. Claude Legault, quant à lui, incarne un contracteur particulièrement maladroit et assez bonhomme. Bon dans son rôle, sans être distinctif, Legault livre une performance qui reste dans sa zone de confort. Il est agréable de le voir à l’écran, mais il reste dans ce que l’on connaît déjà de son jeu d’acteur. N’empêche que Belliveau, Levac et Legault sont plaisants à voir ; ils apportent une touche comique, simple et efficace qui vous assure au moins quelques sourires, peut-être même un ou deux bons fous rires.

Un scénario sensible, bien qu’inégal

Si India Desjardins livre un scénario plutôt solide dans son ensemble, le texte fait tout de même l’objet de quelques zones d’ombre. En effet, si l’enquête menée par la jeune Mathilde se révèle être une intrigue prenante, on s’éloigne parfois de la trame narrative centrale, à un point tel qu’il arrive, à certains moments, de s’interroger sur la quête principale du récit. Sans compter que le scénario manque parfois de résolutions. Malgré une plume sensible, Desjardins omet de résoudre certaines trames narratives secondaires. En soi, ce n’est pas catastrophique, mais certains enjeux non résolus laissent tourner quelques questions dans la tête des spectateurs.

Les deux premiers actes du film sont bien construits. Indice après indice, détail après détail, le récit se construit efficacement tout en s’appuyant sur des bases solides. Cependant, la transition entre le deuxième et le troisième acte est plutôt brusque. Tout y est précipité et on se retrouve une fois de plus avec l’enjeu d’un certain manque de résolutions dans le scénario.

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Cela étant dit, il demeure important de souligner le travail d’India Desjardins. Celle qui a été découverte grâce à sa série de romans jeunesse Aurélie Laflamme livre un scénario à son image.

Entre douceur, sensibilité, humour et féminisme, Desjardins a écrit un film touchant et charmant!

Un univers sonore marqué par les Ondes Martenot

Si l’image de Hantée est belle, mais malheureusement trop léchée et revêt donc un certain caractère générique, l’univers sonore du film, quant à lui, est à souligner.

Dès les premières images résonne le son distinctif des ondes Martenot. L’instrument étant pratiquement inutilisé, voire effacé de la culture musicale populaire, il va sans dire que c’est une belle surprise qu’offre Hantée en l’utilisant! Revêtant un certain caractère organique, les ondes Martenot créent immédiatement une ambiance spooky. Marie Bernard octroie ainsi une couleur propre au film en lui attribuant une personnalité singulière.

Hantée prend l’affiche le vendredi 9 octobre.

Ce film d’Halloween familial vous promet un moment agréable avec vos proches (petits ou grands)!

HANTÉE 👻 Bande-annonce officielle
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Pour les fans...
La Famille Addams (et particulièrement la série Mercredi)
SOS Fantômes (Ghostbusters)
Casper
3.5
Note Horreur Québec