Une adolescente psychologiquement instable voit ses visions psychédéliques préexistantes s’amplifier lorsque son meilleur ami se fait une copine et que le père violent de ce dernier est sauvagement assassiné.
Arrivant sur Netflix dernièrement, voilà un film qui risque d’attirer l’attention des fans. On se doute dès le départ d’Ánimas que la trame ne tiendra qu’à un fil. Le parti pris esthétique et visuel est rapidement annoncé et le spectateur a cette impression qu’on ne cherche même pas à cacher la révélation finale qu’il verra venir bien avant qu’on l’énonce. Il pourrait s’agir d’un bien faible mal puisque les réalisateurs et scénaristes nourrissent apparemment des ambitions plus stylistiques, mais l’ensemble prend vite l’apparence d’un étalage de vignettes horrifiques indépendantes les unes des autres où la moindre action ou parole ne sert qu’à jouer gratuitement avec les images.
Ce second film de Laura Alvea et Jose F. Ortuño, qui nous avaient offert The Extraordinary Tale of the Times Table, pourrait, par certains excès, rappeler le travail inoubliable d’un autre duo de cinéastes: Hélène Cattet et Bruno Forzani. Pourtant, les similitudes s’arrêtent aux couleurs blafardes et aux travelings biscornus, puisqu’ici, le langage cinématographique s’intègre difficilement dans l’histoire. Si les réalisateurs d’Amer font preuve de brio pour dresser des connotations symboliques et notions psychologiques tordues en jouant avec son public, Ánimas n’a que très peu à offrir à ceux qui aiment les puzzles cinématographiques.
Le travail des cinéastes reste tout de même admirable et démontre de plus de talent derrière la caméra que derrière un crayon. Nous sommes confrontés à un film très beau visuellement parlant, qui calque à merveille plusieurs plans de classiques du genre auxquels on rend honorablement hommage. La direction d’acteurs n’est pas négligeable non plus et sans offrir des prestations dignes d’un Oscar, les acteurs sont crédibles.

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