Il faut croire que l’on assiste en 2019 à une sorte de résurgence du phénomène «Ted Bundy». En effet, 30 ans après son exécution, le tueur en série le plus célèbre des États-Unis est toujours un vecteur d’intérêt assez fort pour susciter une curiosité auprès du public. Il y a une fascination évidente qui peut naître à la seule vision d’images d’archives du personnage. Bundy ne dégage pas l’image d’un fou à la Charles Manson. Il était quelqu’un de bien articulé, comique et possédant un certain degré de charme. Comment a-t-il pu faire autant de victimes?
Avant de sortir son biopic du personnage, le cinéaste Joe Berlinger nous offre une série en exclusivité sur Netflix qui tente de répondre à cette question. Basant son travail sur des enregistrements audio inédits produits par Bundy lors de son incarcération dans le couloir de la mort, le réalisateur propose une sorte d’autoportrait du tueur… Du moins, en théorie.
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En effet, s’il était permis de croire que cette nouvelle approche du mythe Ted Bundy allait s’articuler autour des confessions de ce dernier, force est d’admettre que ce n’est pas vraiment le cas. Si elles sont présentes comme une sorte de fil rouge au long des quatre épisodes, les fameuses cassettes inédites ne sont vraiment pas le centre d’attention. Ce qui se vendait comme la grande originalité du projet est, finalement, un gimmick qui s’essouffle rapidement au dépend d’une approche plus traditionnelle centrée sur le témoignage de témoins et d’experts. On ressort de cet «autoportrait» en ayant l’impression de, bizarrement, mieux connaître les policiers qui ont mené à l’arrestation du meurtrier que ce dernier. On ressort de cet «autoportrait» en ayant l’impression qu’il manque, en quelques sortes, d’authenticité.
La série est assise entre le banc des accusés et la chaise électrique. Bundy n’avoue rien dans ces enregistrements et ne s’aventure dans le sordide que lors des courts extraits où il parle de comment il procéderait à la troisième personne. Ces moments élèvent le documentaire, mais ne sont hélas pas suffisants pour le faire sortir de la masse. De plus, présenter ce tueur sanguinaire comme un manipulateur charmant est intéressant, mais un brin problématique quand on choisit d’éclipser certains détails particulièrement choquants comme sa nécrophilie et son penchant vers le cannibalisme au profit de son sens de l’humour. On comprend la fascination que Bundy suscite, mais la ligne est fine pour ne pas tomber dans une réécriture de l’histoire.
Conversations with a Killer: The Ted Bundy Tapes est intéressant si vous connaissez peu le personnage de Ted Bundy et que vous couplez le visionnement de cette série à une recherche, mais pas un indispensable du genre.

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Toute à fait d’accord, la série documentaire est intéressante. Je ne le connaissais pas du tout. Or, justement je me suis attaché, bizarrement et paradoxalement, à l’homme. J’avais l’impression qu’il ne pouvait pas avoir fait ce qu’on lui reprochait. J’en ai parlé à d’autres, et certain me disait qu’il utilisait son charme et son charisme comme arme. Je me sens un peu moins mal de l’avoir humaniser… Mais reste que j’ai l’impression que c’est la réalisation, l’angle qu’on a choisis d’aborder et les archives qui nous le rend plus sympathique.
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