Godzilla Minus Zero (VFQ : G-0.0) devient la 39e apparition du célèbre monstre sur le grand écran, après le très célébré Godzilla Minus One devenu non seulement un succès planétaire, mais aussi le film japonais le plus rentable, capté en prise de vues réelles, jamais sorti aux États-Unis.

Pourtant, entre la série américaine Monarch, amusante mais un peu vide, et le désastreux Godzilla x Kong : The New Empire, on se demandait s’il était possible de nous offrir une nouvelle aventure aussi inspirée, même si cette dernière est japonaise.

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Alors qu’un nouveau monstre sème la panique au Japon, les autorités décident de le mettre sur la route de Godzilla, étrangement ressuscité, pour que les deux créatures s’affaiblissent mutuellement en se livrant un combat. La famille Shikishima, formée dans le précédent opus, sera à nouveau impliquée pour vaincre une créature encore plus terrifiante.

Le scénario de Takashi Yamazaki propose d’entrée de jeu une nouvelle menace, mais cette dernière fait plusieurs échos aux arcs narratifs émis dans plusieurs épisodes de cette franchise. Si la trame de Godzilla Minus Zero fait à première vue dans la redite, la puissance métaphorique de ces monstres, ancrés dans le contexte de la Seconde Guerre mondiale et de la bombe d’Hiroshima, donne plusieurs niveaux de lecture qui suscitent plus que jamais la réflexion.

Il faut dire que depuis 1954, le kaiju japonais a toujours été une préfiguration de l’apocalypse nucléaire, et à ce niveau, rien n’est bien nouveau sous le soleil.

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Pourtant, rarement a-t-on abordé avec autant de sérieux les conséquences, les doutes et même les regrets face à la Seconde Guerre mondiale et au bombardement dans un film de monstres. On est loin des versions américaines qui ponctuent l’ensemble des scènes d’action d’un humour facile et bas de gamme pour s’assurer de garder le spectateur accroché. Ici, de longs dialogues explorent le deuil, la culpabilité des survivants et la peur de l’avenir. Le ton solennel et mélodramatique tente presque de rivaliser avec Oppenheimer ou Schindler’s List et on met tout en œuvre pour nous soutirer des larmes, quitte à les faire sortir aux forceps. Le monde a subi l’apocalypse et il tente de se relever.

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Dommage, en revanche, qu’avec le temps d’écran qui sépare les scènes d’action, on ne prenne jamais vraiment la peine d’épaissir les protagonistes. Le scénario verbomoteur est trop occupé à nous dire que ça va mal, et il se plaît à égratigner les Américains au passage. La séquence rêvée où Godzilla anéantit la Statue de la Liberté semble faire un savoureux pied de nez au MonsterVerse d’Hollywood. C’est comme si en montrant le peuple japonais en train de se réapproprier sa vie, et son monde, on souhaitait lui faire récupérer ses traumas, et sa manière de les aborder.

Ce ton dramatique boursouflé est un bien moindre mal. Il aide la réalisation à magnifier les attaques des créatures, et à souligner l’envergure tragique des pertes causées. Il faut dire qu’à ce titre la réalisation de Yamazaki est en tout point exemplaire. Chaque attaque nous livre un moment de bravoure qui marquera à jamais l’histoire du roi des monstres, mais aussi l’histoire du cinéma. Entre les effets spéciaux efficaces et la mise en scène immersive des attaques, le spectateur a de quoi s’agripper à son siège et à presque sentir l’haleine des créatures sur son visage.

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On a véritablement le sentiment d’être de la bataille avec les protagonistes, et le roi Ghidorah, merveilleusement mis en images dans le moyen Godzilla: King of the Monsters, trouve enfin un film digne de la terreur qu’il véhicule. Ce nouveau venu pousse l’intrigue à proposer plus de scènes aériennes, et elles sont tout aussi saisissantes les unes que les me autres.

Encore une fois, l’exceptionnelle musique de Naoki Sato rehausse les différentes envolées de l’histoire, même si les meilleurs passages des mélodies paraissent être des emprunts à la trame de Godzilla Minus One. Cela ne change en rien la beauté du résultat et cette manière avec laquelle on l’utilise.

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La distribution est plus qu’acceptable même si dans un tourbillon d’action semblable, aucun acteur n’a réellement le temps ni la chance de se démarquer.

Au final, Godzilla Minus Zero est un très bon volet mettant en scène le roi des monstres. Si le rythme lent et le ton mélodramatique risquent d’en déconcerter certains, l’ensemble n’en est pas moins unique et magistral.

GODZILLA MINUS ZERO | Official Trailer 3 - NOW PLAYING
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4
Note Horreur Québec