Juste comme la série Dahmer vient de disséquer au microscope les failles d’une société remplie de préjugés, voilà que The Good Nurse (Meurtres sans ordonnance), inspiré aussi d’un fait réel et dorénavant disponible sur Netflix, nous démontre comment le système hospitalier a fait obstacle à la capture d’un autre psychopathe.
Une infirmière qui vient de se lier d’amitié avec son nouveau collègue commence à soupçonner ce dernier d’être responsable de la mort de différents patients.
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La scénariste Krysty Wilson-Cairns, qui avait reçu une nomination aux Oscars pour sa collaboration au scénario de 1917, propose une adaptation assez savoureuse du livre éponyme signé par Charles Graeber, racontant l’histoire de ce tueur en série.
La véritable force scénaristique du film est de mêler avec aisance la tragédie humaine vécue par cette jeune femme malade et l’enquête policière constamment malmenée par les dirigeants des hôpitaux. Il en résulte une méditation fascinante sur les codes d’éthique, assaisonnée d’un point de vue critique percutant sur le maintien des apparences. Si l’église avait l’habitude de réaffecter les prêtres pédophiles à d’autres paroisses, les institutions hospitalières utilisent des subterfuges similaires.
Le cinéaste Danois Tobias Lindholm livre une mise en scène assez puissante où les changements de pôles entre drame et suspense s’effectuent à la perfection. Connaissant le talent indéniable de ses deux vedettes, le cinéaste leur laisse suffisamment d’espace pour qu’ils créent un miracle.
Dans le rôle de cette infirmière cardiaque et dévouée, Jessica Chastain (It: Chapter Two) s’efface majestueusement une fois de plus sous les traits de son personnage. Vulnérable et touchante, l’actrice est impériale, comme toujours. Dans un contre-emploi, l’acteur Eddie Redmayne (Les Misérables 2012) crève également l’écran et se retrouve au sommet de son art en interprétant avec justesse le psychopathe.
Au final, The Good Nurse s’impose comme l’un des très bons films de cette année 2022 qui s’achève déjà.
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