![[Critique] « Verity » : Ce plaisir qui colmate les failles 1 VERITY 2765x4096 1 scaled 1](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/VERITY_2765x4096-1-scaled-1-304x450.jpg)
On s’ennuie tous des femmes fatales qui inondaient les polars des années 1990. Qu’ils soient réussis (Basic Instinct, Final Analysis, Jennifer 8), ou un brin plus laborieux (Body of Evidence, Colour of Night, Disclosure), ces thrillers forcément inspirés des films noirs des années 1940, comme des classiques d’Hitchcock, ont perdu en popularité depuis les années 2000. Verity, dont le titre à double sens est accrocheur, était donc le bienvenu.
Qui est Verity Crawford et comment fait-elle pour pondre des récits aussi violents, odieux et divertissants?
Un mystère et une aura mythique planent sur la romancière la plus lue au monde, mais que cache ce visage d’ange qui semble impénétrable? C’est la question que devra se poser une jeune auteure de romans policiers, qui peine à se faire connaître, lorsqu’elle se fera subitement offrir de compléter clandestinement la série inachevée de l’écrivaine, secrètement plongée dans un état végétatif. Alors qu’elle s’installe dans la demeure mystérieuse de la célébrité pour étudier ses notes afin de bien imiter sa plume, l’employée fait la sombre découverte de la biographie de celle qu’elle doit remplacer. Un univers de cauchemar s’ouvre alors à elle.
![[Critique] « Verity » : Ce plaisir qui colmate les failles 2 Screenshot 2026 10 01 at 10.36.32 PM](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/Screenshot-2026-10-01-at-10.36.32-PM-750x433.png)
Cette adaptation du roman de Colleen Hoover, spécialiste de romances à l’eau de rose, livre un scénario dont le but ultime semble être de multiplier les coups de théâtre. Si on accepte de jouer le jeu, il y a de quoi passer un excellent moment puisque l’intrigue surprend, à défaut d’être toujours crédible. On a l’impression que les créateurs tentent de miser sur le succès monstre de The Housekeeper, axé sur l’isolement de deux femmes et d’un homme dans une maison de luxe où survenaient des tensions, pour nous livrer un polar similaire.
Ayant pour modèle les thrillers érotiques des années 1990, le canevas propose différents points de vue narratifs à travers lesquels le spectateur doit jongler pour se faire sa propre idée des faits, et où chaque échange transpire le sexe et le désir, tout en restant gentil et propre. Ne boudons pas notre plaisir, on s’amuse véritablement à reconstruire les morceaux, mais l’enfilade de révélations finales devient un tantinet artificielle. Cet exercice marie toutefois assez bien les différentes strates que peut offrir la littérature et nous illustre le pouvoir qu’elle peut avoir.
![[Critique] « Verity » : Ce plaisir qui colmate les failles 3 Screenshot 2026 10 01 at 10.36.17 PM](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/Screenshot-2026-10-01-at-10.36.17-PM-676x450.png)
La réalisation de Michael Showalter est élégante et utilise bien les décors de cette maison à l’architecture singulière pour nous faire comprendre qu’elle représente la psyché de Verity. Pourtant, l’ensemble est loin d’atteindre le style et la vigueur de la réalisation d’œuvres similaires plus modernes comme Gone Girl de David Fincher, ou The Girl with the Dragon Tattoo de Niels Arden Oplev.
Dakota Johnson et Josh Hartnett sont très crédibles, mais Anne Hathaway domine la distribution en passant avec souplesse de la femme vulnérable à une figure mystérieuse et inquiétante. Sa présence charismatique imprègne même les scènes où elle n’apparaît pas.
Au final, Verity est un excellent film popcorn, divertissant au possible, mais sans grande finesse.

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