Les Éléphants dans la brume est le premier long-métrage du cinéaste Abinash Bikram Shah, qui s’est mérité le prix du jury dans la catégorie Un certain regard au dernier festival de Cannes. Une œuvre que nous avons eu le privilège de découvrir lors de la présente édition du FNC.
![[FNC 2026] « Les éléphants dans la brume » : L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent 1 Screenshot 2026 10 15 at 2.37.59 PM](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/Screenshot-2026-10-15-at-2.37.59-PM-334x450.png)
Les Kinnars sont un regroupement de femmes trans qui vivent au milieu de la forêt du Népal. La société ne veut pas d’elles, et elles se sont reconstruit une famille entre elles. On les invite parfois pour faire des bénédictions ou des prières, car on leur octroie une certaine spiritualité, mais elles vivent en marge.
Pirati est la matriarche de ce petit village népalais, et elle est l’élue pour remplacer la dirigeante de sa petite communauté de femmes trans. Juste comme elle se prépare à abandonner son regroupement pour fuir avec son amoureux secret, voilà que l’une de ses filles disparaît mystérieusement.
Ce thriller engagé rappelle beaucoup Le Mystérieux Regard du flamant rose où le mal était représenté par le sida, dans une communauté en marge, et non pas par une disparition inquiétante. Pourtant, les fondements sont un peu les mêmes : solidarité d’un peloton rejeté, transphobie, persécution, et même la métaphore animalière de l’animal sauvage.
Ce thriller engagé rappelle beaucoup Le Mystérieux Regard du flamant rose où le mal était représenté par le sida, dans une communauté en marge, et non pas par une disparition inquiétante. Pourtant, les fondements sont un peu les mêmes : solidarité d’un peloton rejeté, transphobie, persécution, et même la métaphore animalière de l’animal sauvage. Les Éléphants dans la brume n’est pas à négliger pour autant.
L’originalité du scénario, rédigé par le cinéaste lui-même, est de nous plonger immédiatement dans la communauté Kinnars et ses coutumes, sans en faire des caricatures. Cela dit, c’est aussi la faille de ce même récit qui tente de mettre en lumière cette congrégation marginalisée. Disons-le, malgré une certaine justesse dans la manière de dépeindre les profils psychologiques des personnages, le non-initié risque tout de même de s’y perdre un peu.
![[FNC 2026] « Les éléphants dans la brume » : L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent 2 Screenshot 2026 10 15 at 2.39.52 PM](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/Screenshot-2026-10-15-at-2.39.52-PM-746x450.png)
Qui sont-elles? Pourquoi hésite-t-elle à communiquer avec les autorités, et à quoi riment leurs traditions singulières?
Le spectateur met un petit moment à se repérer. Quand tout est en place, il peut enfin savourer cette intrigue policière qui, à défaut de quelques redondances, tient bien la route.
Le symbole de l’éléphant, cet animal matriarcal qui doit rester dans le périmètre de la forêt, est des plus exquis et donne droit à un moment d’une grande poésie. Lorsque Pirati communique avec cet animal sauvage, c’est un peu comme si elle comprenait plus que jamais qui elle était.
![[FNC 2026] « Les éléphants dans la brume » : L'éléphant meurt, mais ses défenses demeurent 3 Screenshot 2026 10 15 at 2.40.01 PM](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/Screenshot-2026-10-15-at-2.40.01-PM-746x450.png)
Pour un premier long-métrage, le cinéaste fait montre d’un savoir-faire indéniable et évite certains pièges habituels des jeunes cinéastes qui veulent trop exposer leur savoir-faire à n’importe quel prix. L’ensemble aurait peut-être pu être resserré un tantinet, mais nous sommes face à un maître en devenir.
Composée en partie par des actrices trans non professionnelles, la distribution est plus qu’acceptable. Pushpa Thing Lam compose le premier rôle avec un grand naturel.
En résumé, Les Éléphants dans la brume est un long-métrage fort intéressant qui nous annonce un metteur en scène qu’il faudra surveiller.

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