Alors qu’il vient habiter dans un manoir avec son oncle excentrique et magicien, un jeune garçon libère par mégarde l’esprit maléfique de l’ancien propriétaire du manoir.
Que se passe-t-il avec Eli Roth? Est-ce que la crise de la quarantaine le ronge au point d’accepter des scénarios si gentillets pour nourrir son compte de banque? Hormis le thème de l’Halloween, à peine esquissé, The House with a Clock in Its Walls marque un changement de cap drastique dans la filmographie du réalisateur.
Nous ayant offert récemment un remake fort satisfaisant de Death Wish, voilà que le cinéaste de Cabin Fever se risque à l’adaptation du roman populaire de John Bellairs, destiné aux plus jeunes. Sans être anonyme, sa réalisation risque plus de choses qu’elle n’en accomplit. Souhaitant y ingérer son habituel ton provocateur, il souligne occasionnellement son affection pour le mauvais goût. Malheureusement, il le fait avec un humour peu inspiré qui cadre mal avec sa manière de nous raconter son histoire.
L’absence de péripéties moindrement intéressantes ne l’aide en rien à naviguer sur les eaux du conte de fée. Sans être totalement déplaisant, ce rip-off inavoué d’Harry Potter nous balance une vitrine de clichés, de recoins prévisibles et d’agitations étourdissantes. Il va sans dire que le public ciblé est d’un très jeune âge, mais Roth aurait pu y ajouter d’avantage d’ambiguïté, au lieu de mettre sa caméra au service de concepts épidermiques et manichéens.
Heureusement, le réalisateur réussit ici et là à ménager des segments plus réjouissants (notamment une attaque de citrouilles) et le visuel lustré rappelle certains classiques, mais l’horloge la plus terrifiante du film est celle à notre poignet durant la projection. Dans un rôle fait sur mesure, Jack Black a la tête de l’emploi. Comme on pouvait s’y attendre, Cate Blanchett vole la vedette aux autres et voir le gaspillage d’un talent si prodigieux au service d’une production aussi quelconque relève du sacrilège.

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