![[Critique] « Evil Dead Burn » : la "French touch" qui rehausse extrêmement bien la sauce 1 WB 2606 EDB EN 1080x1350](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/WB_2606_EDB_EN_1080x1350-360x450.jpg)
Ce qui est trippant avec la franchise Evil Dead, c’est que Sam Raimi et compagnie (soit son acteur jadis fétiche Bruce Campbell et son pote producteur Rob Tapert) donnent carte blanche et les coudées franches aux jeunes mais prometteurs réalisateurs recrutés pour prolonger cet univers déjanté créé il y a déjà près d’un demi-siècle (vraiment?).
Bref, un maudit beau carré de sable à donner aux nouveaux talents, qui n’ont pas à gommer leur style (fort heureusement) ni à suivre à la lettre une liste fastidieuse de choses à inclure et à faire valider par une armée d’incultes execs.
Car si l’arc d’Ash s’est terminé avec la série télé (Ash vs Evil Dead, trois saisons, 2015-2018), chacun des nouveaux opus sortis depuis, incluant la refonte de 2013 (premier long métrage de l’Uruguayen Fede Álvarez), est unique et indépendant. Soit en mode standalone comme on dit à Hollywood. Ainsi, aucun personnage ne provient de la trame originelle, Álvarez s’étant librement inspiré de la prémisse de l’original réalisé jadis par Raimi, alors qu’Evil Dead Rise (2023, de l’Irlandais Lee Cronin) changeait drastiquement de lieu et ne reprenait aucun des personnages du film précédent non plus. Ce qui rendait le tout plutôt frais pour un cinquième film.
Du coup, cet Evil Dead Burn (L’Opéra de la terreur : L’Embrasement en VFQ), qu’est-ce que ça raconte?
Après une fun scène d’intro qui reconnecte avec celle d’Evil Dead Rise, on se retrouve dans un club branché avec un quatuor d’amis, dont deux frères. La mort subite de l’un d’eux amène les endeuillés à reconnecter en campagne avec la (belle-)famille dysfonctionnelle, avant que l’enfer se déchaîne. Et vous vous en doutez (on l’espère) : ça va saigner, un peu, beaucoup, à la folie. Oh oui. Car vous allez souffrir, très souvent, et rire (beaucoup et jaune, en serrant les dents), pendant les moments les plus malaisants, dégoûtants ou carrément choquants. Car personne n'en sortira indemne.
On doit Evil Dead Burn (L’Opéra de la terreur : L’Embrasement en VFQ) au Français Sébastien Vaniček, réalisateur de l’excellent Vermines (cliquez ici pour lire notre critique, et là pour visionner notre entrevue avec le sympathique réalisateur). Il signe ici son Opéra de la terreur à lui et c’est drôlement réussi.
![[Critique] « Evil Dead Burn » : la "French touch" qui rehausse extrêmement bien la sauce 2 Evil Dead Burn Review](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/Evil-Dead-Burn-Review-750x423.webp)
Scénar’ sans gras, viscéral et saignant
Fort bien ficelé, le scénario a été écrit à quatre mains par Vaniček et Florent Bernard, qui avaient bossé ensemble sur le susmentionné film sorti en 2024, tout comme le duo Double Danger (Douglas Cavanna et Xavier Caux), à qui on doit le score, délicieusement anxiogène, sur lequel on a saupoudré un peu de chanson française et de rap hexagonal pour puncher ici et là (et ça marche en ta !).
Y’a beaucoup d’humour (noir comme ton âme), de la folie à foison et de l’audace. En masse. Et c’est salement efficace. En plus, il y a un propos qui tâche. Sans sombrer dans les clichés d’usage, le sous-texte traite de comportements toxiques, de violence conjugale, en particulier celle faite aux femmes, de connexion filiale et de l’explosion de la cellule familiale. Et ça fait (très) mal.
Surtout qu’on empathise et connecte d’emblée avec un personnage principal fort bien développé. Alice, cette Française déracinée, est portée avec brio et nuance par une Souheila Yacoub (Climax, Dune: Part Two) habitée.
Mélanger les ingrédients pour rehausser la sauce (qui prend!)
![[Critique] « Evil Dead Burn » : la "French touch" qui rehausse extrêmement bien la sauce 3 Film Review Evil Dead Burn 6517 1 1](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/Film_Review_-_Evil_Dead_Burn__6517-1-1-450x450.webp)
Évidemment, les fans retrouveront des éléments chers à l’univers d’Evil Dead : cette enregistreuse archaïque et sa bande magnétique, qui décryptent et récitent les incantations invoquant les entités maléfiques ; ces étourdissantes mais vertigineuses séquences pré-possession adoptant le point de vue de ces dernières, lévitant en vol épileptique ; le Necronomicon Ex-Mortis, ô grand grimoire poisseux aux écritures sanglantes, avec sa couverture digne d’un Leatherface fan de littérature quasi satanique ; sans oublier cette dague kandarienne et l’obligatoire scie mécanique, hein.
Or, s’il était impératif de respecter les codes de la franchise en incluant tout ceci (les fans ne lui auraient pardonné aucun oubli), ce n’était pas une raison pour ne pas s’amuser ferme avec ceux-ci. Vous verrez, nos scénaristes ont fait de l’excellent boulot, en faisant preuve d’inventivité, avec plusieurs surprises à la clé. Sans être un festival de références pour autant, les plus cinéphiles d’entre vous reconnaîtront de plus ou moins subtils clins d’œil à des œuvres phares et/ou cultes du cinoche de genre.
![[Critique] « Evil Dead Burn » : la "French touch" qui rehausse extrêmement bien la sauce 4 hero image.fill .size 1248x702.v1783460851](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/hero-image.fill_.size_1248x702.v1783460851-750x422.webp)
Fort à parier que Vaniček s’est gâté en glissant de beaux hommages à des monuments disparus, soit les Kubrick, Friedkin et Romero, au détour d’un escalier, d’une porte ou d’une fenêtre, ou encore avec sa révérence à Hooper (ou l’utopie de la survie familiale). Et ce, en plus de l’influence que semblent avoir eue sur le réalisateur Pet Sematary de 1989 (oui, oui) et le survitaminé [REC], qui nous a asséné toute une claque il y a déjà près de 20 halloweens. Vous êtes fans de la mémé d’X, du 7e F13 et de T2 (!)? Encore mieux (on n’en dit pas plus, vous verrez!).
Et au niveau photo, c’est beau à en pleurer, le tout ayant été magnifiquement shooté par Philip Lozano (qui a bossé avec Aja, Noé, Jean-Pierre Jeunet, Mylène Farmer, Carpenter Brut…).
Délicieux buffet gore à volonté
De plus, même si on rit souvent (d’effroi!), le ton est grave et dans le dos, ça donne froid. Si vous croyiez que la refonte crinquait à 11 le niveau de violence, de blessures et autres lésions cutanées… à côté, Halloween Kills ressemble à du Disney (on exagère à peine).
Non, VOUS N’ÊTES ABSOLUMENT PAS PRÊT·ES!
Après tout, on est en territoire français ici. Vous savez, celui pavé par les Gaspar Noé (vous n’avez clairement pas oublié l’extincteur d’Irréversible), Alexandre Aja (l’impitoyable Haute Tension portait bien son nom) et le duo Julien Maury et Alexandre Bustillo (ça chauffait dans la cuisine d’À l’intérieur, pas vrai?).
Comme vous avez pu le constater dans la bande-annonce, remplir un lave-vaisselle n’a jamais été aussi douloureux, sérieux (trop dommage que le fabuleux mais factice récipient à popcorn ne soit dispo qu’en vidéo!). Vous vous souvenez de Bub avec son arme de poing dans le classique Day of the Dead? Eh bien, sachez que ce rouquin d’Edgar (Erroll Shand, Deathgasm) pousse l’automutilation de la refonte à un niveau d’extrémité inégalé, attention aux âmes sensibles ou plus fragiles (ça pourrait vous blesser).
Maîtrisé et à ne pas manquer
Contrairement aux deux opus précédents (qui étaient certes très décents), tout ici est maîtrisé de A à Z. Tant au niveau de la réalisation (nerveuse et inventive), de la photo et du montage (dégraissés à l’os), que dans chacun des éléments le nourrissant (scénar’, performances, effets spéciaux, bande-son…).
Bref, c’est de loin supérieur à ce qu’un sixième long métrage de franchise horrifique populaire aurait légalement le droit d’être. Du coup, avant d’aller le voir en salle dès ce vendredi (c’est un ordre, compris?), attachez votre tuque avec du barbelé, parce que ça va saigner en ti-péché!
P.-S. Le septième film de la franchise, Evil Dead Wrath, doit sortir en 2028, et l’action se déroulerait en amont du premier film (The Evil Dead). On a déjà hâte de voir où la franchise s’en ira!
![[Critique] « The Outer Threat » : ou l’art de se perdre entre paranoïa et menace réelle](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/TOT_Still-1-218x150.jpg)
![[Critique] « Lucid » : au-delà du bonbon visuel](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/MIA-AND-LUCID-STILL-218x150.jpg)

![[Critique] « Lucid » : au-delà du bonbon visuel](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/MIA-AND-LUCID-STILL-100x70.jpg)
![[Critique] « The Outer Threat » : ou l’art de se perdre entre paranoïa et menace réelle](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/07/TOT_Still-1-100x70.jpg)
![Le cauchemar recommence : « Evil Dead Burn » s’annonce comme le volet le plus viscéral de la saga [Bande-annonce]](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/WB_2606_EDB_EN_1080x1350-100x70.jpg)
![« Shakespeare’s Shitstorm » : édition spéciale en 4K Ultra HD [Blu-ray]](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2025/12/Shakespeare-4k-Cover_2.jpeg)
![[Critique] « Terrifier 3 » : une sanglante injure à la censure qui intronise Art au panthéon des meilleurs vilains de l’horreur](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2024/10/terrifier3.jpg)
![[Critique] Thanksgiving: un dépeçage atroce et jubilatoire pour bien digérer la dinde de l’Action de grâce](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2023/11/Thanksgiving.jpg)
![[Critique] Things Heard & Seen: des phénomènes surnaturels qui cachent un autre mystère](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2021/04/Amanda-Seyfried-in-Things-Heard-and-Seen.jpeg)
![[Critique] « Scary Movie 6 » : critique menacée de rire](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/06/w1500_57423299.jpg)