Après la série Web Teenagers (2014) et le drame I Don’t Know Who You Are (2023), le réalisateur canadien Houston Bone revient avec Son of Sara (Volume 1), un long métrage qui revisite les récits de grossesse annonçant la venue au monde d’une entité malveillante, prête à ébranler et dissoudre les fondements de l’ordre religieux. Une réimagination d’une fable classique sous la lentille de notre époque.

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Cette transposition vaut-elle l’effort ou sombre-t-elle dans la catégorie des idées intéressantes qui peinent à pleinement se développer? Voyons voir…

Hantée par d'étranges pulsions et visions, Sara, une femme enceinte à l'aube de l'accouchement, accepte une invitation à dîner. La soirée bascule rapidement dans un cauchemar sanglant qui lèvera le voile sur la sombre vérité entourant l'enfant à naître.

Avec une entrée qui met aussitôt cartes sur table, Son of Sara nous indique rapidement la direction qu’il entend prendre. Ce qui n’est pas une mauvaise chose en soi, à condition que le film parvienne à paver convenablement la voie vers un « climax » à la hauteur de cette première scène, tout en réservant quelques détours inattendus.

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Les scènes suivantes, qui nous font faire la connaissance de notre protagoniste et de sa conjointe, révèlent rapidement une volonté de nous ancrer dans une époque résolument actuelle. Un choix qui fait honneur à une réalisation en phase avec l’air du temps et consciente des nouvelles réalités. Nous sommes loin de la jeune mariée de Rosemary’s Baby ou de la sainte dévouée de The First Omen et Immaculate. Une mise à jour bienvenue d’un concept bien campé dans ses vieilles habitudes.

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Les premiers soupçons d’une grossesse inquiétante sont rapidement éveillés. Le film suit bien les conventions du genre : fringales dérangeantes, symptômes étranges et fluides anormaux. Ce qui fait toutefois sourciller, ce sont les décisions que prend ensuite la femme enceinte, pourtant sur le point d’accoucher. Bien qu’il s’agisse d’un film et que la réalité doive parfois être mise de côté au profit d’un peu de spontanéité et de frivolité, force est d’admettre que certains éléments inattendus entraînent rapidement – et presque illogiquement – l’histoire dans une tout autre direction. Il aurait peut-être été habile de décortiquer davantage ce revirement afin que nous en comprenions mieux le qui, le quoi et, surtout, le pourquoi.

Toutefois, les 85 minutes top chrono du film ne laissent pas de place à ce développement. Allons donc vitesse grand V vers un rebondissement qui nous fait passer de l’ombre d’un doute et de l’inquiétude grandissante à la catastrophe, dans une suite des choses théâtrale, excessive et presque loufoque. Si le jeu de l’actrice principale, Chloe Van Landschoot (From), mérite d’être souligné pour sa sincérité et sa profondeur, celui de ses prédateurs tombe malheureusement dans un registre malaisant qui fait vaciller le film entre horreur et satire.

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Le tout, agrémenté d’une entité et d’un nouveau-né à la limite du risible, nous place finalement devant un long métrage qui aurait facilement pu trouver sa place dans une série d’anthologie horrifique et dérangeante comme American Horror Stories ou Black Mirror, où tout est permis et où les codes du genre peuvent être respectés, détournés ou complètement abandonnés. Le réalisateur s’est offert une liberté créative qui évoque davantage la candeur du court métrage, faisant fi de certaines contraintes narratives au détriment d’une histoire qui aurait gagné à être davantage développée.

Le film étant intitulé Son of Sara : Volume 1, il ne fait aucun doute qu’un second chapitre est déjà envisagé. Reste à voir si celui-ci poursuivra l’histoire de Sara et de sa progéniture ou s’il explorera le destin d’une autre femme portant un enfant dont elle ignore encore la véritable nature. Espérons que le prochain chapitre saura nous en dire plus.

SON OF SARA Official Trailer (2026)
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Pour les fans...
d'horreur "maternelle".
de reprises de classiques sous une nouvelle lentille.
de créatures aux allures série B.
2
Note Horreur Québec