Presque à chaque été, la maison de production canadienne Black Fawn Films fornique avec Fantasia pour y présenter ses nouveaux rejetons. C’est presqu’un rendez-vous assuré que les fans surveillent d’année en année. On nous prévient depuis un moment déjà que The Oak Room sera un peu différent comme long-métrage et c’est en effet le cas.
Alors qu’un blizzard épouvantable fait rage à l’extérieur, un déserteur revenant au pays propose à un barman, envers qui il a toujours des dettes, de lui raconter une histoire exceptionnelle.
Le cinéaste Cody Calahan (Antisocial, Let Her Out) est l’un des membres clés de l’équipe canadienne de Black Fawn, qui rayonne de plus en plus avec son cinéma d’horreur indépendant. Cette fois toutefois, il a l’audace de varier son registre en nous offrant cette joute de dialogues en huis clos où des personnages s’affronteront avant de connaître l’horreur.
Le film doit beaucoup au scénario de Peter Genoway, qui, s’il se veut parfois trop bavard, a le mérite de multiplier les coups de théâtre. Il faut par contre souligner que l’ensemble se veut un exercice de style narratologique, où les personnages racontent des histoires dans lesquelles d’autres héros feront l’énonciation de récits. Les trames s’emboîtent très bien les unes dans les autres, mais on a vite l’impression qu’on camoufle avec ces détours une idée de départ somme toute assez simpliste. Amalgamé de cette manière, le scénario livre plusieurs surprises amusantes.
À l’aise depuis toujours avec la création d’ambiance et de suspense, Calahan s’en tire assez bien en proposant l’inquiétude à travers un climat hivernal oppressant. Il faut dire que les décors étroits où se déroule l’action octroient une certaine proximité des personnages et maximise l’oppression recherchée.
Si la facture théâtrale transparaît plus qu’on ne le voudrait, le cinéaste dirige bien ses conteurs d’histoires. Les acteurs les incarnant se présentent un à un à ce jeu de chaise musicale pour déblatérer efficacement leurs anecdotes.
The Oak Room est présenté à nouveau lundi le 31 août prochain.
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