Quelques mois à peine après la sortie de son roman Puppy-play, Philippe Aubert-Côté récidive avec La Maison aux tatouages dansants, aussi publié chez Alire.
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Trois frères de tempéraments et d’âges différents doivent composer avec un élément tragique survenu dans le passé familial.
Évoluant entre son aîné et le benjamin de la famille, Enders trouve un emploi dans un laboratoire qui compile et examine les rêves.
C’est dans cet univers qu’il fera la rencontre du Changeface, une entité diabolique.
La Maison aux tatouages dansants oscille merveilleusement bien entre la science-fiction propre à l’auteur et ses déboulements vertigineux vers l’horreur. L’écriture de Côté a toujours été cinématographique et le cinéphile aguerri pourrait certainement tisser un lien entre ce roman et plusieurs œuvres cinématographiques de Jean Cocteau, notamment son classique La Belle et la Bête, où le monstre véhicule un charisme et une attirance. À ce niveau, certains rapprochements peuvent également se faire avec la plume de Clive Barker, chez qui le plaisir et la souffrance ne font qu’un.
Le lecteur initié à l’œuvre de l’auteur pourra facilement remarquer aussi une continuité dans sa démarche pour démystifier les identités sexuelles et leurs représentations. Les contours, les nuances et les parenthèses trouvent toujours leur chemin à travers la prose très sentie du romancier. Proposant des angles narratifs qui ne sont pas sans rappeler Lewis Carroll, et certains postulats psychologiques rappelant la plume extravagante, mais parfaite, de Michel Marc Bouchard, Philippe Aubert-Côté se forge non seulement une véritable signature, mais devient l’un de ces auteurs qu’on a hâte de suivre. Le récit est mené tambour battant, avec une fluidité vibrante qui se conjugue extrêmement bien avec l’oppression qui se dégage autant des lieux que des situations vécues par les personnages.
La véritable force de ce nouveau roman réside dans sa manière de superposer un véritable cirque de protagonistes originaux et savoureux, et de nous faire oublier qu’ils ne sont que des personnages de papier.
N’est-ce pas l’un des plus beaux cadeaux qu’un écrivain peut faire à son lecteur?
Le lecteur a envie de croire à leur parcours et n’a jamais envie de les quitter. On se surprend même à espérer en silence que l’auteur décide de revenir sur certains d’entre eux en leur octroyant leur propre aventure.
Au final, La Maison aux tatouages dansants s’impose comme un incontournable, et vaut amplement son prix d’achat.
Non, non, tout cela n’est pas qu’un rêve…
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