Alors que le cinéma d’horreur indépendant vient tout juste de prendre le contrôle d’Hollywood avec de fabuleux films comme Obsession et Backrooms, on se risque avec enthousiasme à regarder The Voices of Our Mother, dorénavant disponible sur Shudder depuis le 19 juillet dernier, en espérant que ce petit film canadien ait la même fougue.

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Suite à la mort de leur grand-mère qui prenait soin de leur mère malade, les quatre enfants de la souffrante se réunissent pour parler des funérailles de la matriarche et pour envisager la suite. Croyant d’abord leur génitrice atteinte de démence, ils n’auront d’autre choix que d’accepter une réalité bien plus terrifiante.

Écrit, réalisé et interprété par Mark O’Brien, The Voices of Our Mother part sur une idée aucunement nouvelle, mais intéressante, faisant de la présence démoniaque un écho à la maladie mentale. On comprend vite que l’on sera davantage confronté au mélodrame familial qu’à un véritable film d’horreur.

Difficile de passer sous silence les sorties récentes d’Obsession et de Backrooms sans faire une comparaison peu avantageuse avec le film dont il est question présentement. O’Brien placarde une série de longs et lourds dialogues qui expliquent le drame et les traumas ressentis par ses personnages, mais jamais il ne plonge véritablement dans les troubles qu’il énonce.

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The Voices of Our Mother rappelle de par sa trame le Cries and Whispers (Cris et chuchotements) d’Ingmar Bergman, où des femmes se réunissent autour d’une mourante et où les affrontements psychologiques deviennent des armes.

Ici encore, l’intrigue ne fait pas le poids. Cette idée fascinante du sacrifice, comme le fait de renoncer à sa propre vie pour s’occuper de l’autre, manque énormément de relief.

Il faut dire que le scénario semble s’amuser à stéréotyper ses personnages. Entre le toxicomane, le frère aîné un peu contrôlant, la religieuse et la lesbienne rancunière, cette réactualisation d’un passé trouble respire le déjà-vu et le manque de saveur. Le spectateur devient plus agacé par cet Ingmar Bergman des pauvres que réellement concerné par les protagonistes.

Malheureusement, les touches horrifiques du récit ne sont guère plus relevées. On ne renouvelle aucunement le thème de la possédée, et les effets horrifiques déployés ne le sont pas toujours à bon escient.

À la réalisation, O’Brien se montre plus habile dans la direction d’acteurs que dans la composition d’images macabres. Quelques effets navrants de montage épileptique s’acharnent à nous montrer certains épisodes, et l’on mise sur des effets-chocs sonores pour nous réveiller, ce qui ne fonctionne qu’en partie.

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La distribution est en tout point assez relevée. Pourtant, le véritable drame de l’entreprise est le gaspillage du talent de la grande Sheila McCarthy (Anything for Jackson, I’ve Heard the Mermaids Singing) dans le rôle de la possédée. Brillante dans chacune de ses apparitions à l’écran, la vétérane aurait mérité un bien meilleur rôle, surtout qu’elle apporte au film ses seuls passages inquiétants.

En définitive, The Voices of Our Mother se veut un long mélodrame sans grandes nuances, où l’horreur en filigrane ne saura effrayer personne.

The Voices of our Mother (2026) | Official Trailer
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Pour les fans...
de drame familial
de possession
1.5
Note Horreur Québec