Godhead est le genre de film que l’on découvre à la sauvette ou parce qu’on est à l’affût de tous les petits ovnis cinématographiques qui peuvent figurer à l’horaire d’un festival. Il ne nous reste qu’à remercier Fantasia de nous offrir cette vitrine et la possibilité de découvrir de telles œuvres. Même s’il risque de polariser, l’audace et le style unique de Godhead valent qu’on s’y risque.

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Un prêtre, qui s’occupe de manière peu orthodoxe d’un jeune garçon, reçoit la visite de jumeaux étranges dans sa chapelle. Après lui avoir avoué qu’ils sont des prophètes, ils expliquent à l’homme de Dieu qu’ils ont une mission très importante pour lui.

Écrit et réalisé par Mark H. Rapaport (Hippo), Godhead possède plusieurs caractéristiques d’une œuvre théâtrale. L’ensemble se compose d’une série de joutes verbales prenant place dans un même lieu. Ceux qui s’attendent à un film d’action ou ponctué de jump scares risquent de trouver le temps long. Ici, l’horreur est subtile et ne se cache pas sous les traits d’un monstre, mais bien derrière des actes monstrueux. Si l’on accepte de se plier à l’exercice, Godhead déploie alors de véritables qualités.

Ce duel entre le sacré et le profane renferme plusieurs dialogues riches et livre quelques revirements surprenants, quoiqu’un peu trop excessifs pour être vraisemblables. Le symbolisme l’emporte sur la crédibilité, et dans ce cas-ci, c’est un moindre mal. L’oppression religieuse, le péché de la chair, la puissance de la jeunesse et les sacrifices y étant dominants, cette quête de vérité se forge comme une véritable recherche d’identité. On pourrait même dire que l’ensemble des personnages tentent de savoir qui ils sont.

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Difficile de ne pas faire de parallèle entre ce long métrage et l’inoubliable Night of the Hunter (La Nuit du chasseur) du grand Charles Laughton. En plus d’aborder des thèmes similaires, les deux œuvres sont construites avec cette nostalgie et cet amour du cinéma qui les ont précédées. Certains pourraient même y déceler des concordances avec The Seventh Seal (Le Septième Sceau) d’Ingmar Bergman, où la vie d’un homme se joue lors d’une partie d’échecs, même si nous sommes très loin d’atteindre un tel niveau de perfection. Quoi qu’il en soit, le scénario enchaîne avec fluidité les différentes révélations, et même si l’ensemble reste très bavard, le spectateur a envie de connaître la suite.

À la réalisation, Rapaport tire particulièrement bien son épingle du jeu. Le metteur en scène refuse de donner des airs de téléthéâtre à son film, s’amusant autant avec les focales qu’avec les angles de caméra. Par ailleurs, la splendeur du noir et blanc se révèle très chargée de sens.

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Les acteurs Kimbal Farley et Sarah Coffey, qui incarnent ce couple de jumeaux hors norme, font très bonne figure. C’est pourtant Al Warren qui épate le plus dans le rôle de cet homme religieux obscur et inquiétant.

Au final, si l’on est suffisamment patient et que l’on aime l’horreur psychologique, l’aventure vaut amplement le détour.

Godhead (2026) Teaser Trailer - Mark H. Rapaport Thriller Pays Homage to Hitchcock
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3.5
Note Horreur Québec