Quiconque connaît Nicolas Winding Refn sait que l’émérite réalisateur est un authentique punk, qui détonne parmi les auteurs du septième art. Né en 1970 à Copenhague au Danemark, NWR fait partie du club très sélect des iconoclastes n’ayant pas froid aux yeux. Un esthète qui affectionne particulièrement l’ultra-violence qui tache, très graphique.

Il a amorcé sa carrière aux côtés de sa première muse, l’acteur danois Mads Mikkelsen (Casino Royale, la série Hannibal). Ce dernier fut la star des deux premiers volets de la trilogie Pusher (1996, 2004, 2005), une percutante chronique criminelle aussi crue et saignante que la viande d’un boucher d’Hochelaga, avant de retrouver son compatriote sur le plateau de Valhalla Rising (2009).

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Or, c’est avec Drive (2011) que NWR a claqué son premier coup de circuit à l’international, méritant le prix de la meilleure réalisation au Festival de Cannes. Avec au générique des pointures comme Albert « Taxi Driver » Brooks, Ron « Hellboy » Perlman et Bryan « Breaking Bad » Cranston, ce drame d’action urbain alternait avec brio des moments de spleen lancinants et de brèves scènes d’une violence inouïe, qui n’étaient pas sans rappeler ses premiers films. Ayant trouvé une nouvelle muse en la personne de Ryan Gosling, NWR a renoué avec ce dernier pour Only God Forgives (2013), avant de livrer son premier film flirtant ouvertement avec l’horrifique : The Neon Demon (2016), avec Elle Fanning et Keanu Reeves (!), que nous avions couvert à sa sortie.

Puis, le réalisateur a fait un long détour par la télévision avec les séries Too Old to Die Young (2019) et Copenhagen Cowboy (2023), tout en s’aventurant du côté des jeux vidéo, prêtant son apparence à un personnage de Death Stranding (2019) et de sa suite (DS2: On the Beach, 2025). De plus, au milieu de tout cela, il a connu de graves pépins de santé : il y a trois ans, son cœur s’est arrêté de battre pendant une demi-heure. L’ironie étant que son personnage vidéoludique se nomme justement Heartman.

Cependant, tout cela est derrière lui. Plus vivant que jamais, NWR fait enfin son retour au grand écran, une décennie après son dernier long métrage. Sortant en salles au Québec aujourd’hui, Her Private Hell a été présenté jeudi dernier en tant que film d’ouverture du Festival Fantasia, où on lui a d’ailleurs décerné un prix de carrière. Mettant en vedette la magnétique actrice Sophie Thatcher (Companion, Heretic, MaXXXine), ce vaporeux film est un véritable festin visuel rappelant tantôt l’esthétisme de Blade Runner, Barbarella ou Terminator, tout en évoquant le style maîtrisé de cinéastes comme Lynch, Kubrick, Bava, Argento, De Palma et Verhoeven. (Pour la critique approfondie de notre rédactrice en chef, cliquez ici).

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Au lendemain de cette première canadienne, Horreur Québec a pu s’asseoir avec NWR dans une luxueuse chambre du Four Seasons Hotel, afin de discuter de la création de ce film, mais aussi de musique et de ce qui l’anime. Et oui, ça inclut son tant attendu remake de Maniac Cop, dont on parle depuis 2019!

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Horreur Québec : D’emblée, je dois t’avouer avoir adoré Her Private Hell. J’ai tout aimé de ce magnifique buffet tout garni et à volonté, débordant d’un amour aussi authentique que punk pour le cinéma de genre qui pique. C’est un peu ton Kill Bill, en quelque sorte. Comme tu disais hier aux festivaliers, tu es véritablement l’un des nôtres, et Fantasia était l’endroit parfait pour y présenter un tel film.

HQ : Honnêtement, on n’aurait pu rêver mieux comme film d’ouverture de cette édition 30e anniversaire. Tu as aussi mentionné préférer te concentrer sur le présent et le futur, c’est donc exactement ce dont on discutera… juste après avoir jasé un peu de ce chef d’oeuvre qu’est l’original The Texas Chain Saw Massacre. Tu as dit que le film avait changé ta vie, t’inspirant à devenir réalisateur.

HQ : Un simple divertissement.

HQ : Pas de morale.

Masterclass Nicolas Winding Refn 1

Jasons musique avec le réalisateur le plus punk

HQ : Je dois te remercier, car grâce à toi j’ai pu découvrir le groupe de musique lourde Bleeder, le groupe de Peter Peter, qui a mis en musique plusieurs de tes films. Mais quelle idée géniale d’aller chercher Pino Donaggio pour le score de Her Private Hell… Et si différent de la musique électronique de tes trois derniers films. Ainsi, aller dans une avenue complètement différente, était-ce un choix conscient, ou est-ce que ça s’est produit de façon organique durant la production?

HQ : Un euréka, en quelque sorte.

HQ : Son travail avec Brian de Palma est iconique.

HQ : Et il a fort bien réussi! Est-ce que tu fais jouer de la musique sur le plateau parfois?

HQ : Afin de placer les acteurs dans le bon état d’esprit?

HQ : Qu’as-tu utilisé pendant le tournage de ce film?

HQ : Comme du classique?

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HQ : Taper dans le subconscient. As-tu fait jouer des musiques plus lourdes, style rock ou métal?

HQ : Comme du Mötley Crüe?

HQ : Oh, old school. Du [David] Bowie?

HQ : J’adore T-Rex. C’est génial.

HQ : Ah oui, comme [Giorgio] Moroder?

HQ : Judas Priest! Wow, des choix tellement diversifiés qui connectent à merveille avec les aspects narratifs, à la fois cauchemardesques et surréels, de ce très touffu récit. Un film qu’on pourrait qualifier d’hommage aux gialli/slashers, avec une touche de sci-fi rétro. Du coup, je suis très curieux de comment c’est passé le pitch d’un film si cinglé.

HQ : Comme vous aviez bossé ensemble dans le passé.

HQ : C’est précieux.

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Nous sommes connectés

HQ : À propos de la réalisation, ça implique tellement de différents aspects, de l’écriture au casting, à la conception des décors, le tournage et toute la post-production… Quelle est ta partie préférée entre toutes?

HQ : L’idée de base, le rêve.

HQ : Une expérience clairement terrorisante. Donc de réaliser qu’il t’est toujours possible de créer plus de films…

HQ : Ça doit donner une nouvelle perspective.

HQ : Plus dans l’instant présent.

HQ : J’ose l’imaginer… À l’inverse, y a-t-il quelque chose que tu détestes dans le processus de faire des films?

HQ : Parlons de tons. Le film passe de l’humour à des moments d’intensité à d’autres plus atmosphériques… Comment approches-tu l’équilibre des tons? Est-ce que ça se passe pendant le montage?  

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Le futur, c’est maintenant

HQ : Projetons-nous maintenant dans le futur. Comme tu as toujours été un grand supporteur des médiums physiques, y a-t-il quelque chose que tu peux me dire sur ce qui est prévu pour HPH?

HQ : D’accord, on reste à l’affût alors. Y a-t-il d’autres sorties physiques prévues?

HQ : De plus, tu as récemment mentionné avoir commencé à toucher à l’IA.

Satellites II — AI Sci-Fi Short by Hideo Kojima & Nicolas Winding Refn

HQ : Est-ce que travailler avec Hideo Kojima t’a donné le goût de réaliser un jeu vidéo un jour?

La Quimera - Announcement Trailer

HQ : Joues-tu un peu?

HQ : Tu as bien dû jouer aux jeux Death Stranding?

HQ : Qu’en est-il de ta refonte de Maniac Cop.

HQ : Que peux-tu nous en dire?

HQ : Et sur la distribution?

HQ : Donc, vous êtes sur le casting en ce moment?

HQ : En plus de produire, comptes-tu le réaliser aussi finalement?

HQ : Génial. En espérant que tu reviennes à Montréal nous le présenter. Car tu mérites vraiment une autre dose de la foule Fantasia!

Her Private Hell - Official Trailer - In Theaters July 24
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Kristof G.
Kristof G. mange de l'horreur imaginée au petit déjeuner, depuis qu'il est tout petit. Collectionneur passionné, son sous-sol a des allures de club vidéo vintage en mode musée. Au cours des 2 dernières décennies, il a collaboré avec le défunt site web Sinistre Magazine et fut publié dans les magazine Fangoria's Gorezone, Full Moon's Delirium et Rue Morgue. Il a participé aux différents projets de Sur la route de l'horreur, alors que depuis 2021, il anime Métal Maniaques, un podcast connectant musique lourde et notre genre préféré.