La première mondiale du nouvel opéra de l’espace The Galactic Ghoul a eu lieu à Fantasia le 28 juillet dernier. Simon Harrisson (Le Sens épique de la liberté, Veillée de chez nous) y livre son premier long métrage, qu’il réalise, coscénarise et dont il signe aussi les effets spéciaux, aux côtés de l’acteur Vincent Hoss-Desmarais (Le Vendeur imposteur, R.E.D. 2), qui campe un double rôle : celui du Capitaine Oscar Bravo et de son acolyte débraillé, X-Ray Foxtrot.

Poster FINAL THE GALACTIC GHOUL
Portée par Katharine Isabelle, figure de proue du cinéma de genre canadien (Ginger Snaps, American Mary), dans le rôle de la reine Xaltalusia XXIII, cette comédie de science-fiction fantastique relate une grande évasion depuis la planète-prison des Toums. Explorateurs partis à la conquête de l'espace, Bravo et Foxtrot y sont capturés et emprisonnés sous le règne de cette dernière. Leur duo sera mis à l'épreuve alors qu'ils tentent de fuir, sur fond de guerre galactique. Cette évasion n'est pas seulement une aventure d'action : elle porte aussi une véritable charge émotionnelle.

Si le titre promet un film de monstres, il s’agit plutôt d’un hommage aux séries B, peuplé de créatures non humaines et prenant la forme d’une parodie ludique des opéras de l’espace.

Qu’est-ce, alors, que ce « Galactic Ghoul »?

Est-ce la force perturbatrice de cette galaxie, ou l’amour impossible entre une cruelle souveraine et un capitaine en crise existentielle? Ou bien s’agit-il des frictions entre un capitaine et son bras droit? Car cette galaxie n’est pas qu’un simple décor : c’est un personnage à part entière, doté de sa propre personnalité.

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Le mouvement Kino, ou la débrouillardise DIY au service du genre

Issu du mouvement Kino, Harrisson s’est habitué, au fil des années, à tourner avec trois fois rien, une équipe réduite et peu de soutien extérieur. Fort d’une carrière en effets visuels, il s’est retroussé les manches pour livrer ce long métrage en autonomie presque totale, maniant les effets numériques et l’animation. Ce travail d’effets générés par ordinateur a été combiné à une variété de marionnettes physiques, de costumes pratiques et de créatures, incrustés en temps réel sur un écran vert et animés par Sylvie Desmarais. Ces contraintes de ressources marquent aussi la répartition des rôles : Hoss-Desmarais offre deux héros attachants pour le prix d’un, livrant une performance aussi impressionnante sur le plan technique qu’émotionnel. Le bruitage et la trame sonore, quant à eux, savent rehausser à la fois l’humour et les moments plus sérieux.

Faire briller la pacotille : le brut et l’imparfait comme choix esthétique

Avec un visuel foisonnant, l’expérience est à la fois ludique et immersive. La caméra nous promène des plans larges de maquettes aux gros plans révélant le bricolage des effets pratiques, où l’on reconnaît sans peine les objets du quotidien détournés en accessoires. Mais au-delà du surcyclage, les costumes captent l’essence de chaque personnage : l’uniforme du Capitaine Bravo, coiffé d’un bonnet souple en feutre et d’un collet en tuyau de sécheuse, lui donne des airs de Pagliaccio, un clin d’œil habile qui tombe pile dans le cadre d’un opéra, fût-il de l’espace, et reflète parfaitement ce protagoniste tragi-comique, torturé par sa relation avec Xaltalusia XXIII.

Au-delà du pastiche bien léché, ce film de série B à l’esthétique déjantée traverse des lieux qui rappellent le Twin Peaks de Lynch et Holy Mountains (La Montagne sacrée) de Jodorowsky, tandis que l’entourage royal de la reine, drapé dans ses plus beaux atours, évoque les costumes de La Couleur de la grenade de Paradjanov.

Porté par un rythme soutenu et une facture visuelle riche, Simon Harrisson signe une œuvre singulière qui ravira les amateurs de bizarreries spatiales. Avec son charme artisanal assumé, ses clins d’œil cinéphiliques pointus et son cœur grand comme la galaxie, The Galactic Ghoul vise droit au cœur : c’est un hommage à la capacité d’aimer de l’humanité et à la résilience de l’esprit humain face à l’adversité.

Une véritable lettre d’amour au cinéma de genre indépendant et une belle pépite de cette édition de Fantasia.

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Pour les fans...
L’ingéniosité de Gerry Anderson avec le charme d’un film de minuit
La science-fiction gothique pistolasers brocantée
Des parodies de genre débrouillardes et sincères, qui débordent du cadre, avec une maîtrise intentionnelle.
4
Note Horreur Québec