Avec L’île de la Providence (Éditions du Parc en face, 2023), l’autrice Véronique Drouin nous prouve encore une fois qu’elle sait manier l’horreur sous toutes ses formes — et sa plume! Elle a écrit plusieurs romans issus des littératures de l’imaginaire, dont Polyphagie, la série C.R.A.A.V. et une nouvelle dans le recueil Automnales, en collaboration avec plusieurs plumes populaires québécoises.
Si vous cherchez une lecture à l’odeur de sel marin et aux passages gore, vous l’avez trouvée !
Envoyé sur une île privée pour prêter main-forte lors d’une partie de chasse aux faisans avec son groupe, Vincent, un jeune délinquant, sent que quelque chose cloche. La chasse commence, et rapidement, l’enthousiasme tourne à la méfiance… puis à la peur.
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L’une des grandes forces de ce roman, c’est la plume stylée, idiomatique et efficace de l’autrice. Véronique Drouin réussit à créer une ambiance dense et trouble avec une écriture évocatrice, mais jamais alourdie par un vocabulaire trop complexe ou de longues descriptions inutiles. Elle excelle dans l’art de suggérer plutôt que de montrer, notamment à travers les actions des personnages. On sent la tension monter grâce à une narration qui resserre l’étau au bon moment. Lors des scènes plus sanglantes, son choix de vocabulaire est particulièrement percutant — toujours su’a coche.
Les dialogues, quant à eux, ajoutent une couche d’authenticité qui renforce l’immersion. Très québécois dans leur ton et leur vocabulaire, ils sonnent juste et s’alignent parfaitement avec la manière dont les jeunes s’expriment.
Autre point fort : une mise en contexte au rythme idéal, à la fois fluide et intrigante. Avant de plonger dans l’action sur l’île privée, Véronique Drouin prend le temps de présenter ses personnages, en particulier Vincent, le protagoniste. Peu à peu, on découvre son passé, ses blessures, ses espoirs ; autant d’éléments qui créent un lien fort avec le ou la lecteur·rice. On s’attache à ces figures, ce qui rend les événements à venir d’autant plus choquants. Cette approche apporte une profondeur bienvenue au récit et renforce la tension.
En définitive, L’Île de la Providence n’offre peut-être pas le twist le plus imprévisible, mais demeure une lecture efficace, bien ficelée, portée par une autrice qui sait donner envie de tourner les pages.

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