C’est une évidence en cette 25e édition de SPASM : 2026 est une cuvée exceptionnelle pour le cinéma de genre. L’abondance et la qualité des soumissions horrifiques ont même forcé les programmateurs à créer un second bloc entièrement dédié à l’épouvante, en marge de la traditionnelle Grande Soirée Horreur du Club Soda. C’est ainsi que le Théâtre Plaza accueillait hier soir le programme Horreur Paranormal, une plongée percutante dans nos peurs les plus spectrales. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ce fut une excellente soirée, portée par une sélection redoutable.
![[SPASM 2026] L'invisible frappe fort à la soirée Horreur Paranormal 1 IMG 3454](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/IMG_3454-750x422.jpg)
Jarrett Mann
S’attaquant directement à la thématique des esprits, des maisons hantées et de la peur de l’invisible, ce bloc a brillé par sa diversité géographique (Québec, France, Espagne, Belgique, Suède, Allemagne) et par ses approches très distinctes de la tension. Car comme le soulignait si bien le festival, « ce qu’on ne peut pas voir est souvent ce qu’il y a de plus épeurant ».
Le grand coup de cœur : Imago
![[SPASM 2026] L'invisible frappe fort à la soirée Horreur Paranormal 2 Poster Imago 01 peq lo 848x1199 1](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/Poster-Imago-01-peq_lo-848x1199-1-318x450.jpg)
Si l’ensemble de la programmation s’est avéré d’un niveau supérieur, c’est le court métrage espagnol Imago (Rafa Dengrá Oliver) qui s’impose comme le véritable coup de cœur Horreur Quebec de la soirée. Le postulat de départ est d’une simplicité redoutable : Lidia veut raconter une histoire à sa sœur Marta, mais elle hésite, car celle-ci fait vraiment peur.
La force d’Imago réside dans sa maîtrise absolue du rythme et de la tension psychologique. Le cinéma de genre espagnol a toujours eu ce don inné pour sublimer les dynamiques intimes et les transformer en huis clos anxiogènes. En s’appuyant sur le pouvoir de la narration orale, le réalisateur brouille les frontières entre le conte macabre et la réalité immédiate des deux sœurs. C’est un exercice de style redoutablement efficace où l’angoisse monte crescendo, s’insinuant sous notre peau avec une économie de moyens qui force le respect. Une première canadienne qui laissera sans doute sa marque dans l’esprit des festivaliers.
Un tour du monde de l’épouvante
Mais Imago n’était pas le seul joyau de cette soirée, qui nous a offert un véritable spectre (sans mauvais jeu de mots) de ce qui se fait de mieux en court métrage d’épouvante.
Le thriller belge Corps Étranger (Mathieu Mortelmans, Cécile Delberghe) a su captiver l’audience en l’amenant dans un monastère isolé. En suivant une enquêtrice laissée seule face à un cadavre qui pourrait bien ne pas être humain, le film tisse une ambiance gothique et claustrophobe, évoquant un savant mélange entre l’enquête procédurale et le mystère horrifique pur.
De son côté, le suédois Ceiling King (Mats Udd) s’est démarqué par son approche poétique et existentielle du monstre sous le lit. En se demandant où vont nos cauchemars d’enfance lorsque nous devenons des adultes rationnels, le réalisateur pose un regard singulier sur le refoulement psychologique et la persistance de nos traumas infantiles, le tout emballé dans une facture visuelle impeccable. Notre deuxième coup de coeur de la soirée.
L’Allemagne n’était pas en reste avec le solide Geist (William B. James), l’œuvre la plus longue du programme (24 minutes). Avec son mélange audacieux de quête de vengeance, de vétéran de guerre et d’entité japonaise, le film offre une proposition dense, sombre et résolument sinistre qui n’a pas laissé le public indemne.
Enfin, la francophonie a fièrement défendu ses couleurs. Que ce soit par la prémisse redoutablement efficace de la coproduction franco-québécoise La Livraison (Alix Desoomer), où l’angoisse naît d’une simple consigne de remise en main propre dans une maison abandonnée, ou avec la grande première de Le Briquet (Sébastien Ruiz), qui explore habilement le trope de la maison hantée à travers les souvenirs d’un directeur des locations.
![[SPASM 2026] L'invisible frappe fort à la soirée Horreur Paranormal 6 IMG 3444](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/IMG_3444-750x422.jpg)
Alix Desoomer, réalisatrice de La livraison et Jarrett Mann
En somme, ce programme Horreur Paranormal vient confirmer l’excellent pif de Jarrett Mann et de son équipe. C’était une sélection analytique, intelligente, qui prouve que l’horreur indépendante a encore de nombreuses façons de nous glacer le sang sans avoir besoin de nous asperger de viscères.
![[SPASM 2026] L'invisible frappe fort à la soirée Horreur Paranormal 7 SPASM 2026 1920X1080](https://horreur.quebec/wp-content/uploads/2026/10/SPASM-2026_1920X1080-750x422.jpg)
Si la suite du festival est du même calibre, la 25e édition de SPASM risque de rester dans les annales.
(Rappelons que les films du festival sont également disponibles pour visionnement en ligne via la plateforme de SPASM).

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