Inspiré d’une vieille légende basque dans laquelle un forgeron vend son âme au diable, Errementari débute en 1835, lors de la première guerre carliste. Le forgeron Patxi, soldat basque luttant du côté des carlistes, échappe à une exécution grâce à son pacte avec un démon appelé Sartael. Après la guerre, le forgeron mène une vie solitaire dans une forge fortifiée et est craint par tout le village qui n’ose s’approcher de lui. «C’est là que vit le diable», affirme même l’un des villageois. Lorsqu’un fonctionnaire arrive au village pour récupérer un butin constitué de cinq kilos d’or et qui serait détenu par le forgeron, la vie des habitants de la bourgade sera rapidement chamboulée.
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Récipiendaire en 2017 du Prix du Public au Festival du film d’horreur et fantastique à San Sebastián, Errementari (forgeron en basque) a été réalisé par un certain Paul Urkijo dans un dialecte basque qui ne serait plus parlé de nos jours. Proposant une direction artistique vraiment superbe rappelant certaines productions espagnoles de Guillermo del Toro, le film baigne incontestablement dans une ambiance de contes et légendes, à un tel point qu’à certains moments, on a l’impression de regarder un épisode de la série Monstres et Merveilles (The Storyteller) avec John Hurt (ce qui n’est pas une mauvaise chose, tellement cette série a marqué positivement l’enfance de plusieurs d’entre nous).
Si au début, on est intimidé par les références historiques et culturelles du film peu connues de ce côté-ci de l’Atlantique, Urkijo construit sa narration de manière efficace et limpide et parvient rapidement à capter l’intérêt du spectateur, entre autres grâce au personnage d’Usue, une petite orpheline maltraitée par les garçons du village. Alors qu’elle n’était qu’un bébé, la mère d’Usue se serait pendue, condamnant son âme à rôtir en enfer, du moins selon le prêtre du village qui a adopté l’enfant. Rapidement, on découvre que sa tragique histoire serait reliée à celle du mystérieux forgeron.
Flirtant davantage avec la fantasy que l’horreur, Errementari propose un bestiaire démoniaque diversifié. Les effets spéciaux sont plutôt réussis et un humour pince-sans-rire vient agrémenter le tout. Malheureusement, certains problèmes de rythme viennent un peu gâcher la sauce, mais le résultat final demeure tout de même potable et nous propose d’ailleurs une conclusion qu’on pourrait qualifier de dantesque. Parfait pour un dimanche après-midi.
Errementari est disponible sur Netflix depuis le 12 octobre.

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