Mercredi 21 octobre au chic Théâtre Plaza, c’était le coup d’envoi de la vingt-cinquième édition du festival de courts métrages le plus éclaté et festif de Montréal.

Histoire de se réchauffer un peu avant la projection, un cocktail d’inauguration se tenait autour d’une exposition d’affiches retraçant 25 ans d’histoire du festival. Chapeau à l’équipe qui a dépoussiéré autant de précieux artéfacts!

Ce qui saute aux yeux dans cette expo, c’est la cohérence visuelle, le sens indéniable du marketing et bien entendu, la grande qualité graphique des affiches, feuillets et bannières. Certains visuels des tout débuts rappellent la belle époque des flyers de shows punks monochromes et percutants. D’autres sont des bijoux de kitsch (en particulier, les affiches de Total Crap), plusieurs sont le travail de talentueux illustrateurs qui se sont visiblement amusés… Bref, c’est un régal pour l’œil.

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C’est un Jarrett Mann émotif qui y est allé d’un petit mot pour le lancement de cette édition anniversaire :

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« Mon épouse, Rosie, m’a réveillé ce matin en me souhaitant « Bon vingt-cinquième ! ». J’avais l’impression que c’était Noël! »

Rappelons ici que Jarrett Mann et Rosie Charest sont les deux piliers organisationnels de SPASM, et ont trimé dur cette année pour nous concocter une édition mémorable.

Devant une foule plus qu’enthousiaste, la soirée a commencé sur un film d’animation tout mignon célébrant les vertiges de l’amour, Trois mots de Franie-Éléonore Bernier. Un deux minutes bien punché qui ravit par sa virtuosité visuelle et sa sensibilité.

Pour ce qui est de Roméo et son corps de Fred Gervais, j’ai été nettement moins séduit par la proposition malgré son originalité : un jeune homme déterre son père et le ramène à la vie. Comme toujours, Patrick Hivon offre une solide performance, mais l’œuvre mise un peu trop sur l’esthétique au détriment de l’histoire qui souffre de quelques longueurs. Par la suite, Justice Rutikara est venu nous présenter Monochrome, un film inspiré d’une expérience personnelle : un homme noir est pourchassé par un skinhead raciste à Québec. Pour présenter en simultané l’expérience vécue par les deux personnages, Justice utilise habilement le split screen (écran double) et un noir et blanc contrasté. Le film brille par son sens visuel et un moment charnière éblouissant, malgré quelques ambiguïtés et incohérences scénaristiques.


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Le très beau Le goût de tes écailles de Rafaël Beauchamp nous plonge dans la science-fiction avec un récit initiatique particulièrement surprenant. Les images texturées, l’ambiance sombre et l’univers étrange créés avec soin sont particulièrement réussis, épousant le regard d’un enfant qui visite pour la première fois l’usine expérimentale où son père travaille.

En dépit d’une prémisse assez peu crédible, le réalisateur nous embarque dans son monde d’une manière fort convaincante.

C’est ma sœur de Zoé Pelchat raconte une histoire plutôt conventionnelle de stigmatisation d’une adolescente trisomique souhaitant intégrer une école de danse. Cependant, le film vaut tout de même le détour pour le talent évident de l’actrice Florence St-Yves qui interprète le rôle de la jeune danseuse avec panache.

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En ce qui concerne le drame Sol vivant, saluons la formidable performance de Jean-Michel Anctil, qui joue le rôle d’un transporteur de corps appelé sur les lieux d’un accident ferroviaire impliquant le cadavre d’une femme sans tête qu’il croit être sa fille. En partie tourné en plan-séquence pendant l’aube, le cinéaste Émile Lavoie a relevé maintes contraintes techniques et multiplié les effets pour en mettre plein la vue. Cependant, la trame sonore aurait mérité beaucoup plus de soin, puisqu’il était souvent extrêmement difficile d’entendre les voix des personnages, ce qui nuisait considérablement à la compréhension du drame.

Vient ensuite mon grand coup de cœur de la soirée, le film d’animation Ultra forte de Catherine Lepage. Cette histoire de jeune fille au cœur tendre en crise d’identité est savoureuse d’ironie!
Un travail d’animation de premier ordre, des illustrations à la fois drôles et poétiques, un scénario brillant et sans faille, la musique des Bérus… Et même Bruce Dickinson, l’ex-chanteur d’Iron Maiden, prête sa voix (en français !) au mentor imaginaire de la protagoniste!

Bref, c’est un must!

Ultra Strong | Catherine LEPAGE | INTERVIEW
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En finale, nous avons eu droit à La hère de Frédéric Chalté, qui raconte l’histoire d’un garde-chasse recrue qui fait la rencontre d’une énorme créature sanguinaire. Bien que les quelques VFX de ladite bête soient très réussis, une production à petit budget comme celle-ci peut difficilement remplir les promesses d’une telle proposition. De plus, le scénario possède plusieurs faiblesses, dont une finale qui m’a laissé sur ma faim.

En fin de compte, cette soirée fut un petit tour d’horizon diversifié et haut en couleur sur la production québécoise de cinéma de genre. De quoi nous mettre en appétit pour l’ensemble de la programmation de cette vingt-cinquième édition.

(Rappelons que les films du festival sont également disponibles pour visionnement en ligne via la plateforme de SPASM)

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Envie d’en savoir plus sur les coulisses de cette 25e édition mémorable?

Plongez dans l’esprit du cofondateur du festival en lisant notre entrevue exclusive. Jarrett Mann nous y parle de ses 25 ans de passion pour le cinéma insolite, de l’évolution de SPASM et d’une bonne dose de sang frais, juste ici.

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Stéphane Turgeon
Scénariste, réalisateur et rédacteur, Stéphane voue un culte au cinéma depuis le jour où il a vu «E.T. L’extraterrestre» en salle à 7 ans. Depuis, il dévore avec le même appétit les films de Tarkovski, Buñuel, Dreyer que les vues italiennes de cannibales. Comme créateur, Stéphane affectionne le trash, le gore, la comédie fantaisiste et surréaliste. Fan d’horreur, il adore être surpris par un style ou par l’originalité d’un propos plutôt que par des jump scares à répétition.