Alors qu’une pandémie fait rage, un scientifique et une garde forestière partent en forêt à la recherche d’une docteure et de son équipe, portées disparues. On découvrira plus tard qu’ils investiguaient un secteur ayant des propriétés particulières.
In the Earth (Au cœur de la Terre) est le nouveau film du cinéaste anglais Ben Wheatley (Kill List, Rebecca). Ayant décidé de s’inspirer de la pandémie actuelle et voulant y greffer une série de réflexions autant scientifiques qu’écologiques, le long-métrage de l’homme semble servir davantage d’exercice à l’artiste pour peaufiner un style que pour nous offrir une nouvelle conjecture sur un quelconque sujet. Après une première partie assez réussie, et dont plusieurs thèmes ne sont pas sans rappeler le Stalker de Tarkovsky, l’ensemble bifurque vers un carrefour mystique qui ennuie au lieu d’envoûter.
On se met subitement à douter que ce désir du réalisateur et scénariste de livrer une histoire floue vient davantage du fait qu’il peine à articuler ses traumas autour d’une trame intéressante. On en vient donc à se questionner sur la raison ayant poussé Wheatley à s’endetter d’un récit, alors qu’il aurait pu nous proposer un film-essai peut-être plus pertinent.
La photographie de Nick Gillespie donne vie aux hêtres en transformant leur somptuosité en étrangeté. On a presque l’impression que mariées à la musique de Clint Mansell, les images transmettent une brèche de folklore. Cependant, les dégâts narratifs que causent les blizzards kaléidoscopiques de la seconde partie alourdissent nos paupières au lieu de nous enivrer.
Si les acteurs Joel Fry (Yesterday) et Ellora Torchia (Midsommar) sont acceptables dans les premiers rôles, plusieurs collègues secondaires se livrent à des débordements plutôt grossiers.
En tant que réalisateur, Wheatley s’en tire assez bien. Il manipule sa caméra et ses cadrages pour nous immerger dans cette randonnée. Dommage, encore une fois, que son récit n’ait pas la même consistance.

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