Ce vendredi 4 septembre marque l’arrivée en salle d’Onslaught, le nouveau thriller d’action horrifique estampillé A24, écrit et réalisé par Adam Wingard. Le cinéaste y retrouve plusieurs visages familiers, notamment Rebecca Hall et Dan Stevens, qu’il a récemment dirigés dans Godzilla x Kong: The New Empire, sans oublier sa collaboration marquante avec Stevens sur le film culte The Guest. Cette production offre à Adria Arjona (remarquée dans la série Andor) son premier rôle principal d’envergure, tout en signant les grands débuts au cinéma d’Alex Pereira, célèbre champion de l’UFC. Soulignons enfin le retour réjouissant à l’écran de figures légendaires telles que Reginald VelJohnson et Michael Biehn.

unnamed
Le récit suit la cavale sanglante d'un trio de super-soldats génétiquement modifiés qui, échappant à tout contrôle, sèment la mort dans le désert. Pour les arrêter et protéger sa jeune fille, une tireuse d'élite de l'armée devra elle-même employer la terreur.

Une ambiance purement « carpenteresque »

Le long-métrage s’ouvre sur un vaste plan désertique, rythmé par l’écho d’armes à feu. Un lent zoom révèle notre protagoniste en plein entraînement, tirant sur des citrouilles sculptées dans un style qui rappelle instantanément l’Halloween de John Carpenter. Cette filiation est d’ailleurs totalement assumée par la trame sonore, dont les notes synthétiques évoquent les œuvres phares du maître de l’horreur, telles qu’Invasion Los Angeles (They Live) ou New York 1997. Le film enchaîne ensuite avec un générique choc, exposant une sordide propagande fasciste américaine. Une scène d’ouverture percutante qui donne le ton avec une redoutable efficacité : on est d’emblée happé par l’univers.

ONSLAUGHT 03

Des personnages taillés sur mesure

Si la frénésie de l’action prime, Onslaught a l’intelligence de ne jamais sacrifier l’épaisseur de ses personnages au seul profit du spectacle. Wingard a parfaitement compris que la tension horrifique naît d’enjeux tangibles, dirigeant sa distribution avec une redoutable précision. Du côté des antagonistes, Rebecca Hall et Dan Stevens s’en donnent à cœur joie, insufflant à leurs rôles une énergie féroce et délicieusement décomplexée. Un sadisme décomplexé que vient habilement nuancer Drew Starkey : sous les traits de Cyrus, il compose un antihéros dont les excentricités instillent un humour noir particulièrement salvateur au cœur du carnage.

Mais l’effroi pur, le vrai, trouve son incarnation en Alex Pereira. Transformant son imposante stature d’athlète en arme cinématographique, il fait de son « Boucher » une menace monolithique et mutique. Sa froideur mécanique et son implacabilité rappellent la force d’inertie terrifiante d’un certain Michael Myers. Pour faire face à cet ouragan de violence, Adria Arjona s’impose comme un ancrage émotionnel viscéral. Loin de se cantonner au stéréotype de la soldate infaillible, l’actrice navigue brillamment entre une rage martiale absolue et l’instinct de protection désespéré d’une mère acculée. C’est d’ailleurs dans sa dynamique avec la jeune Blake Kennedy (très juste pour son premier rôle à l’écran) que le film trouve son humanité, rendant cette lutte pour la survie d’autant plus haletante.

ONSLAUGHT 02

La redoutable partition de Matthew Pusti

L’atmosphère suffocante d’Onslaught doit également beaucoup à la redoutable partition de Matthew Pusti. Plutôt que de livrer un simple pastiche musical, le compositeur déploie des nappes de synthétiseurs qui ancrent le récit dans une nostalgie trouble, ravivant l’esprit de la série B de la fin des années 80 sans jamais sombrer dans la parodie. Ses compositions deviennent le véritable pouls de cette traque mortelle, enveloppant l’action d’une aura aussi mélancolique qu’oppressante.

Plus qu’un exercice de style isolé, le long-métrage gagne d’ailleurs une profondeur inattendue lorsqu’on le replace dans la filmographie de son auteur. En confirmant que cette intrigue s’inscrit dans le même univers que ses précédents succès The Guest et You’re Next, Adam Wingard démontre qu’il ne se contente plus de rendre hommage à ses idoles : il bâtit désormais sa propre mythologie. Ce tissage subtil entre ses œuvres offre aux cinéphiles un microcosme jubilatoire et cohérent, dont on a hâte de découvrir les futures ramifications.

En définitive, Onslaught s’impose comme une proposition viscérale et farouchement assumée. Au carrefour de l’hommage charnel au cinéma de Carpenter et de la nervosité esthétique propre aux productions A24, Wingard signe un thriller horrifique féroce qui tient ses promesses de bout en bout. Une virée sanglante, brute et sans concession, qui rappelle avec force à quel point ce genre de frissons exige d’être vécu dans l’obscurité d’une salle de cinéma.

ONSLAUGHT | Official Trailer | Adria Arjona, Alex Pereira, Dan Stevens | Action, Horror, Thriller
Note des lecteurs0 Note
Pour les fans...
de John Carpenter
d'action poisseuse à la sauce années 80
de l'univers d'Adam Wingard (You're Next, The Guest)
5
Note Horreur Québec