Découvrir des talents canadiens est toujours un grand plaisir, et quand on apprend qu’on risque de se coltiner des bribes de folklore autochtone, il y a de quoi espérer grand.

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Elise peine à se remettre de la mort de sa mère, survenue quatre ans plus tôt. Les choses sont compliquées à son travail, et la tension augmente de plus en plus avec sa sœur. Elle décide donc de partir prendre l’air quelques jours, et se rend dans le chalet familial en forêt. Croyant d’abord que les grattements qu’elle entend durant la nuit sont le résultat de la visite inquiétante d’un voisin, la jeune femme commence vite à comprendre qu’il y a une entité vorace qui vit dans la cabane avec elle.

Utiliser le cinéma d’épouvante comme métaphore de l’horreur psychologique est devenu très tendance depuis quelque temps, et Tim Riedel, responsable du scénario et de la réalisation d’Ancestral Beast, risque sa chance là où plusieurs ont laissé leur marque.
Le problème, c’est qu’on a vu tellement de tentatives semblables en si peu de temps que cela force la comparaison.

Difficile de ne pas penser au long métrage L’Inhumain, qui abordait aussi certaines réalités vécues par les communautés autochtones, ou même à Smile qui traitait avec aplomb de la dépression nerveuse, et où une jeune femme devait affronter seule son démon, isolée dans la maison de son passé.

La régression psychologique vers la folie était aussi plus récemment le thème central d’Obsession, et n’était-ce pas un peu le cas également de Backrooms?

Tout ceci après avoir vécu presque cinq années post-COVID, où les longs métrages tournés durant la crise sortaient enfin. L’ensemble, vous le savez aussi bien que moi, mettait en vedette un individu seul dans son appartement qui devient lentement fou à lier. Ce fut presque un courant cinématographique qui nous a échaudés aux longs films ennuyeux. Nous sommes loin d’atteindre ces bas-fonds ici, mais on espérait plus.

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Durant de trop longues minutes, Ancestral Beast nous prépare à ce qui ne viendra jamais. On a beau nous dresser la table habilement pour nous immerger dans la peur, celle-ci n’arrive jamais réellement. On pourrait peut-être être plus indulgents si l’angle psychologique proposait des enjeux mieux développés ou une perspective moins éculée.

La mise en scène est généralement compétente. La facture est assez soignée et les passages dramatiques tiennent la route. Malheureusement, le suspense qu’on tente d’injecter est souvent inopérant. À ce titre, certains emprunts, ou hommages, paraissent plus désespérés qu’intéressants. Les apparitions de l’entité proposent une agglomération d’idées usées, et à moins d’avoir avalé un tonneau de café, ce n’est pas ici que vous aurez la chair de poule ou que vous sursauterez.

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L’actrice Morgan Holstrom campe le premier rôle avec une sobriété louable. En revanche, on a souvent cette impression qu’elle n’exprime pas suffisamment de peur pour son rôle et qu’elle n’y met pas le dynamisme requis.

Pour conclure, disons simplement que le film a quelques réussites, mais que les idées réchauffées et une observation trop superficielle de ses thèmes empêchent la pâte de lever.

Pour les curieux qui souhaiteraient tout de même s’y risquer, Ancestral Beast sera présenté dans le cadre du festival Fantasia les 22 et 28 juillet.

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Pour les fans...
d'histoires amérindiennes
de films d'horreur psychologique
2.5
Note Horreur Québec